Cal Best : Sa vie ‒ Une discussion avec les cinéastes

Le Musée de l’histoire ouvrière est fier d’annoncer le projet sur Cal Best, lequel explore la vie du militant de race noire, dirigeant syndical et haut fonctionnaire, ainsi que l’héritage qu’il a laissé. Le projet est composé d’une exposition itinérante, de matériaux pédagogiques et d’un documentaire intitulé Cal Best : Sa vie. Je me suis entretenue avec Arthur Carkner, coordonnateur de projet, et Wasim Baobaid, cinéaste, afin de découvrir comment un tel projet vient à prendre forme.

Cydney : Premièrement, je dois avouer que ce projet m’emballe beaucoup! C’est un des plus ambitieux auxquels le MHO ait participé. Pouvez-vous me dire comment le tout a commencé? Qui a eu l’idée de départ?

Art : Le projet sur Cal Best a débuté avec la vidéo d’une discussion de groupe avec les fondateurs de l’Alliance de la Fonction publique du Canada initiée par Craig Spencer. J’ai suggéré d’en utiliser quelques parties pour créer un DVD d’actualité sur la vie et la carrière de notre sujet. Une des missions du MHO est de présenter des matériaux d’archives ou négligés à un plus grand public, afin de préserver les voix et les artéfacts d’une autre époque.

Cydney : Je comprends que ce projet a grandement dépassé les délais estimés. Qu’avez-vous découvert qui vient expliquer cette prolongation?

Wasim : Au début de nos recherches, nous ne trouvions aucun renseignement sur le Web. Il n’y avait même pas d’article au sujet de cet homme sur Wikipédia. C’est seulement une fois que nous avons découvert son vrai nom (« J. Calbert Best ») que nous avons trouvé plus d’information, mais beaucoup moins que nous l’avions espéré. Arthur a ensuite réussi à localiser les membres de la famille de Cal, et ils nous ont appris davantage à son sujet.

Art : La portée du projet a augmenté considérablement avec les recherches que Wasim et moi faisions. Nous avons appris sur sa lutte contre le racisme, alors qu’il était encore jeune; sur ses réalisations en Nouvelle-Écosse; et au sujet de sa mère, Carrie Best. Nous en sommes finalement venus à apprendre sur le rôle qu’il a joué dans le domaine de l’immigration et du sport amateur, ainsi que sur les divers postes supérieurs qu’il a occupés au sein de différents ministères et qui l’ont amené à devenir le premier haut-commissaire (ambassadeur) de race noire au Canada. Nous continuions d’en apprendre plus.

Cydney : Pourriez-vous dévoiler une de vos trouvailles préférées?

Art : Cal Best présidait une commission sur le financement du sport amateur, un dossier très chaud encore à ce jour. Il recommandait d’allouer davantage de fonds à moins de sports, de se détourner de l’approche d’éparpillement des financements. Le biathlon a ensuite été suggéré comme un des sports à ne plus financer. Myriam Bédard, médaillée d’or dans ce sport, a publiquement abordé la question auprès du ministre en lui disant : « Vous n’allez tout de même pas retirer la subvention de mon sport vous? ». La famille de Best le taquinait de ne pas rester debout sur son balcon de peur qu’elle ne le tire avec sa carabine.

Wasim : J’aimerais ajouter que Cal a été une des seules personnes au monde à avoir serré la main de la reine. Cela vous donne une bonne idée de l’importance de son poste à l’époque. (Malheureusement, nous n’avons pas de photo de cet événement.)

Cydney : Vous avez interviewé plusieurs amis et membres de la famille de Cal Best. Si vous aviez pu lui parler en personne, que lui auriez-vous demandé?

Art : Je lui aurais demandé quels changements il a remarqués dans la société canadienne en 49 ans de service au sein de la fonction publique, et quels défis entendent la fonction publique à l’avenir.

Wasim : J’aurais voulu en savoir davantage sur son enfance, particulièrement lorsqu’il habitait New Glasgow et Halifax, ce qu’il ressentait par rapport au racisme à l’école et comment il l’a surmonté. Grâce aux entrevues, nous savons que la famille de Best était la première famille de race noire à habiter Ottawa, et sa fille Christene a affirmé que son frère et elle étaient les deux seules personnes de couleurs à l’école à cette époque. Je me demande donc quelle était sa perception du racisme alors qu’il était lui-même écolier.

Cydney : La triste nouvelle du décès de Burnley Allan Jones a durement touché ce projet. Je crois qu’une entrevue était prévue la semaine qu’il est décédé. Quels sont les plans maintenant?

Art : Il n’y a aucune façon de remplacer « Rocky » Jones dans notre documentaire : il est irremplaçable. Nous orientons nos recherches vers de notoires Néo-Écossais et Ottaviens qui ont connu ou travaillé avec Best, à des fins d’archives ou pour du contenu à afficher sur notre site Web.

Cydney : Cal Best semble être un des héros méconnus du Canada. De quelle façon espérez-vous que ce projet réussisse à faire connaître son nom?

Art : Nous souhaitons que le projet sur Cal Best puisse faire connaître cet homme du public ainsi que dans les écoles et la communauté noire, et qu’il inspire tous ceux qui s’efforcent d’améliorer le Canada et le monde.

Wasim : Ce film transmet un grand message, comme d’autres films que j’ai récemment réalisés (Yes, I Can et Sax Appeal). Je crois fermement que s’il y a un grand besoin, un désir et que vous croyez en vous-même, vous pouvez réaliser vos objectifs, peu importe qui vous êtes, la couleur de votre peau ou votre situation. « Croyez en vous et avancez », voilà le message de ce film.

Par Cydney Foote | Traduit par Claudine Maclure

Aller voir l’avant-première de « Cal Best : Sa vie » lors du Canadian Labour International Film Festival, le 29 novembre à l’édifice de l’AFPC, situé au 233, rue Gilmour, à Ottawa.

Author: Communication Volunteer

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