Category: Artéfacts

La promenade de Jane d’Ottawa 2015

Le Musée de l’histoire ouvrière (MHO) parrainera encore cette année une visite à pied guidée axée sur l’histoire ouvrière dans le cadre des Promenades de Jane.

Les participants se rencontreront le samedi 2 mai 2015, à 10 h, à la statue d’Oscar Peterson, à l’extérieur du Centre national des Arts. Bob Hatfield du MHO guidera les participants le long du canal Rideau et à l’arrière de la colline du Parlement.

Cette activité porte sur l’histoire ouvrière d’Ottawa de la période pré-contact aux temps modernes. Elle aborde notamment le commerce du bois, les plaines LeBreton ainsi que la construction du canal Rideau et des édifices du Parlement. La promenade de 90 minutes raconte des récits personnels et communautaires en les intégrant à la grande histoire de l’évolution d’Ottawa.

http://www.janeswalkottawa.ca/fr//

 

L’usine de papier E. B. Eddy immortalisée en photos

Pendant plus de 150 ans, l’usine de papier E. B. Eddy était un site d’activité industrielle en perpétuelle croissance. L’usine se mua en une kyrielle de bâtiments ornant les rives québécoise et ontarienne de la chute des Chaudières, employant des milliers de personnes et transformant des arbres en une étonnante variété de produits de papier. Puis, en 2006, elle ferma les portes.

Un photographe bénévole capture les centaines de détails sur les murs d’une ancienne centrale thermique à vapeur.

Un photographe bénévole capture les centaines de détails sur les murs d’une ancienne centrale thermique à vapeur.

La société Windmill procèdera prochainement à la reconstruction du complexe en bureaux, en condominiums et en zones publiques. Elle incorporera le plus grand nombre possible des bâtiments historiques actuels, mais de nombreux bâtiments seront démolis, car leur structure est maintenant instable. Les bâtiments conservés seront remodelés à des fins bien différentes de celles du passé.

Conscients de l’importance historique et patrimoniale du site et résolus à le préserver le plus possible, Windmill et les propriétaires actuels (Domtar) ont accueilli favorablement une proposition du Musée de l’histoire ouvrière (MHO) pour un projet d’archivage inhabituel, et possiblement unique. Ce projet vise à documenter visuellement l’ensemble des dizaines de bâtiments sur le site, à les immortalisés dans l’instant avant qu’ils ne soient appelés à disparaître ou à changer.

Une plate-forme de commande servant à mesurer le débit de vapeur reluit dans la lumière qui filtre des fenêtres.

Une plate-forme de commande servant à mesurer le débit de vapeur reluit dans la lumière qui filtre des fenêtres.

En réunissant les efforts de photographes bénévoles et d’assistants passionnés d’histoire, le MHO documentera le complexe de l’usine E. B. Eddy en entier. Près de 100 000 images et des centaines de vidéoclips devraient émerger du projet, lesquelles feront ensuite partie de la collection du MHO.

Le MHO entend déjà utiliser cette nouvelle ressource de plusieurs façons. Par exemple, des échanges ont eu lieu avec le Musée des sciences et de la technologie du Canada, qui détient des artéfacts et des archives dont a fait don la E. B. Eddy Company. Par ailleurs, il prépare diverses expositions permanentes et itinérantes dont certaines pourraient être installées dans les zones publiques du complexe de Windmill. Les images prises dans le cadre du projet seront également mises à la disposition de la société Windmill, qui pourra les utiliser, notamment à des fins de promotion. En échange, en remerciement de leur dévouement et de leurs nombreuses heures de travail acharné en vue de préserver ce patrimoine, les photographes obtiendront les droits, s’ils le demandent, des images qu’ils auront prises.

Des boulons qui, autrefois, maintenaient en place la machinerie reposent désormais calmement dans un coin, immortalisés à jamais par un bénévole.

Des boulons qui, autrefois, maintenaient en place la machinerie reposent désormais calmement dans un coin, immortalisés à jamais par un bénévole.

Si vous êtes un photographe passionné ou si vous souhaitez consacrer une journée ou deux par semaine à la réalisation de ce grand projet, communiquez avec nous. Nous travaillons actuellement les lundis et les jeudis, mais comptons prochainement former une équipe qui travaillera le samedi ou le dimanche. Envoyez un courriel à l’adresse images@workershistorymuseum.ca pour recevoir de plus amples renseignements et connaître en quoi consiste le travail.

Dans la série A Day in the Life of a WHM Volunteer at the E. B. Eddy Mill, Paul Harrison livre avec une grande finesse les précieux détails de son expérience. Lisez son témoignage intégral [en anglais seulement].

A Day in the Life of a WHM Volunteer at the E. B. Eddy Mill, Part I
A Day in the Life of a WHM Volunteer at the E. B. Eddy Mill, Part II
A Day in the Life of a WHM Volunteer at the E. B. Eddy Mill, Part III
A Day in the Life of a WHM Volunteer at the E. B. Eddy Mill, Part IV

Par Paul Harrison, WHM Official Photographer | Traduit par Valérie Lalonde

Caje Rodriquez, photographe bénévole, tient une planchette à pince retenant des rapports et paraît plutôt redoutable debout dans le cadre de la porte de la salle des commandes électriques située sur le toit.

Caje Rodriquez, photographe bénévole, tient une planchette à pince retenant des rapports et paraît plutôt redoutable debout dans le cadre de la porte de la salle des commandes électriques située sur le toit.

Un manomètre, outil autrefois essentiel à l’opérateur, indique maintenant un zéro peut-être symbolique.

Un manomètre, outil autrefois essentiel à l’opérateur, indique maintenant un zéro peut-être symbolique.

Bien que des panneaux de commande modernes aient été installés depuis longtemps et qu’ils se trouvaient à proximité, les massives vannes manuelles de la centrale thermique à vapeur étaient toujours en place.

Bien que des panneaux de commande modernes aient été installés depuis longtemps et qu’ils se trouvaient à proximité, les massives vannes manuelles de la centrale thermique à vapeur étaient toujours en place.

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Le bénévole Bill Woodley travaille parmi les imposants piliers de béton au sous‑sol qui, autrefois, supportaient les machines massives de l’usine se trouvant à l’étage.

Le bénévole Bill Woodley travaille parmi les imposants piliers de béton au sous‑sol qui, autrefois, supportaient les machines massives de l’usine se trouvant à l’étage.

 La rouille peut ajouter des détails artistiques sur de simples objets.

La rouille peut ajouter des détails artistiques sur de simples objets.

Chaque tuyau, conduit et câble avait attentivement été étiqueté par la petite armée d’ingénieurs qui réparait et entretenait le complexe.

Chaque tuyau, conduit et câble avait attentivement été étiqueté par la petite armée d’ingénieurs qui réparait et entretenait le complexe.

Quoique la majorité des étages soit vide, on peut encore y retrouver certaines pièces laissées derrière ou même des vêtements d’anciens travailleurs.

Quoique la majorité des étages soit vide, on peut encore y retrouver certaines pièces laissées derrière ou même des vêtements d’anciens travailleurs.

Rendu fantomatique par l’exposition prolongée, un bénévole défile le long de l’ancienne ligne de production.

Rendu fantomatique par l’exposition prolongée, un bénévole défile le long de l’ancienne ligne de production.

L’éclairage moderne placé de façon sporadique donne une apparence austère aux chambres souterraines qui, autrement, ont une allure plutôt médiévale.

L’éclairage moderne placé de façon sporadique donne une apparence austère aux chambres souterraines qui, autrement, ont une allure plutôt médiévale.

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Des ventilateurs, certains de la grosseur d’un cottage, se retrouvent au plafond de chacun des étages.

Des ventilateurs, certains de la grosseur d’un cottage, se retrouvent au plafond de chacun des étages.

Constituant les immenses systèmes circulatoire et nerveux de l’entreprise, de nombreux conduits de vapeur, d’eau, d’électricité ou de données enlacent encore les murs, les planchers et les plafonds.

Constituant les immenses systèmes circulatoire et nerveux de l’entreprise, de nombreux conduits de vapeur, d’eau, d’électricité ou de données enlacent encore les murs, les planchers et les plafonds.

Le vidéographe du MHO documente la centrale thermique à vapeur.

Le vidéographe du MHO documente la centrale thermique à vapeur.

Une machine à écrire ukrainienne qui éveille la curiosité

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Une machine peut-elle avoir de la personnalité?

La machine à écrire est un outil compliqué. Même son nom ne laisse aucun repos, tantôt « dactylographe » et plus tard « dactylotype ». Lorsqu’on pense à une machine à écrire, l’esprit vagabonde : elle s’arrête sur les marteaux et les clés de la machine, puis s’envole vers celui qui pose les doigts sur ces pièces sans vie, qui insère le papier et fait revenir le chariot. Une danse qui confère à la simple machine un petit côté nostalgique, légèrement romantique. Objet appartenant à une autre époque, la machine à écrire peut éveiller la curiosité pour son aspect humain, son esthétique et ses particularités qui la distinguent à la lumière de l’ère du numérique et de l’information textuelle.

La machine à écrire ukrainienne du Musée de l’histoire ouvrière est plus susceptible que d’autres d’émerveiller, d’éveiller la curiosité. Il s’agit d’une machine unique, du moins de la perspective de la majorité des dactylographes. Même parmi d’autres machines à écrire ayant survécu les années, cet objet est visiblement différent : ses clés sont recouvertes de verre (au lieu de métal ou de plastique) et ses lettres sont en caractères cyrilliques.

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Écrivain fasciné par les machines à écrire, les mots « provenance » et « fabrication » sont immédiatement venus occuper mes pensées. Qui a fabriqué cette machine? Qui l’a utilisée? Quels documents a-t-elle produits? J’ai surtout été avide de découvrir à quelle époque elle a été fabriquée. Un des tristes aspects de l’histoire de la machine à écrire est qu’elle était fabriquée en série dans d’anciennes fabriques de munitions aux États-Unis après la Deuxième Guerre mondiale par des entreprises qui avaient fait tourner la machine de guerre avant de faire tourner la machine bureaucratique.

Si cette machine à écrire tombait dans cette même catégorie, qu’adviendrait-il de son lien avec l’histoire ouvrière du milieu du siècle et de ma compréhension de la production textuelle pour une collectivité non anglophone?

La documentation qui accompagne cette machine à écrire* indique que la machine, provenant de l’organisme Ukrainian Labour Farmer Temple Association de Winnipeg, a été fabriquée par Remington Rand, une entreprise tirant ses origines de la Remington Arms, une des fabriques dont il est question ci-dessus.

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Cependant, cette machine à écrire ukrainienne date de bien avant la Deuxième Guerre mondiale. Elle a été fabriquée aux États-Unis, environ entre les années 1927 et 1939, et elle a été utilisée par une organisation syndicale au Canada. Elle ne s’apparente pas aux produits d’usinage slave, et elle n’est aucunement reliée aux temps de la Guerre Froide qui ont fait couler beaucoup d’encre.

J’ai dû reformuler mes suppositions : cette machine à écrire avait été utilisée pour promouvoir et exprimer l’identité ouvrière de deux nations (le Canada et l’Ukraine). J’ai voulu savoir quels événements historiques ses clés avaient imprimés.

L’impulsion de conférer à la machine une aura romantique est presque irrésistible. Hélas, elle a été utilisée pour rédiger des communiqués et des bulletins dans un contexte de surveillance et de coopération difficile contraint au bilinguisme (ibid 12). Fort probablement pour une production rapide, s’agissant d’un appareil portatif sans plaques ou pièces encombrantes, plutôt que pour un processus d’impression de grande envergure. Elle a peut-être satisfait à un désir de communiquer et de joindre un public de façon économique et facile; un outil convivial qui, utilisé pour rédiger des procès-verbaux et des mémorandums, aurait tout aussi bien pu servir à écrire une note dans sa langue maternelle, peut-être à une maîtresse…

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Par sa polyvalence, son utilité pour la classe des prolétaires, la machine à écrire nourrit l’imaginaire et nous captive, nous amenant à songer à son utilisation, ainsi qu’à ses répercussions sur la vie de ses utilisateurs et sur la production de discours non officiel dans notre propre pays et notre histoire.

Par Christopher Chabon | Traduit par Valérie Lalonde

* Référence : COOPER, Matthew, Sean EEDY et Nancy OAKLEY. Ukrainian Typewriter – Artifact, Ottawa, Ottawa Workers’ Heritage Center, 2009.

La riche histoire ouvrière derrière un papier hygiénique

Le Musée de l’histoire ouvrière (MHO) se réjouit de sa prochaine exposition sur la E.B. Eddy Company, laquelle sera montée dans son bureau, soit au 251, rue Bank, à Ottawa. L’exposition tirera parti de la collection Domtar Eddy Booth de la Société des musées de sciences et technologies du Canada (SMSTC), laquelle contient plus de 20 000 articles, dont des artéfacts, des photographies, des plans, du matériel publicitaire et des brochures.

Pour ceux qui ne le savent pas, Ezra Butler Eddy a fondé la E.B. Eddy Company en 1851. Le premier produit d’Eddy a été les allumettes, puis il s’est ensuite diversifié dans la fabrication d’autres articles, tels des seaux, des portes et des châssis. En 1891, Eddy a pénétré l’industrie des pâtes et papiers en fabriquant des produits comme du papier hygiénique. À l’origine, l’entreprise était située du côté québécois de la rivière, soit à Hull, près de la chute des Chaudières et du pont Alexandra. Puis, en 1947, Eddy a fait l’acquisition de la J.R. Booth Company, ce qui lui a permis d’étendre ses activités des deux côtés de la rivière. En 1998, Domtar a acheté la E.B. Eddy Company (ce qui explique le nom officiel de la collection, tel que choisi par la SMSTC). L’usine Domtar a opéré jusqu’en 2007, soit jusqu’à la fermeture de la dernière machine à papier de l’usine Domtar (E.B. Eddy).

La collection est riche en matériel qui offrira au MHO plusieurs possibilités d’interprétation de l’histoire de l’entreprise E.B. Eddy. Nous souhaitons aujourd’hui faire part de quelques-unes de ces possibilités afin de vous donner un aperçu du processus menant à la création d’une exposition.

CSTM DEB Pho-097 - Booth Mill - Ottawa, Chaudiere Falls, High Water June 1929 / SMST DEB Pho-097 – Usine Booth – Chute des Chaudières (Ottawa), hautes eaux, juin 1929

CSTM DEB Pho-097 – Booth Mill – Ottawa, Chaudiere Falls, High Water June 1929 / SMST DEB Pho-097 – Usine Booth – Chute des Chaudières (Ottawa), hautes eaux, juin 1929

Par exemple, il serait possible d’explorer un thème illustrant l’histoire des changements qu’a subis le site de l’entreprise E.B. Eddy de 1851 jusqu’à présent. La collection compte plusieurs photos aériennes du site de l’usine. Ces photos démontrent l’expansion de l’usine et son incidence sur la croissance de la classe ouvrière à Hull et dans les environs. La photo suivante est un exemple des nombreuses photos que pourrait utiliser le MHO pour établir cette comparaison.

Une autre façon intéressante d’interpréter la collection serait d’analyser les incidences sur l’histoire de la classe ouvrière en fonction du sexe. Les photos ci-dessous illustrent des femmes, dans les années 1920 et 1950, travaillant à l’usine E.B. Eddy. Elles exécutaient des tâches telles compter des feuilles de papier et emballer des allumettes. Leur inclusion au sein de l’usine démontre qu’on estimait que les femmes possédaient les compétences nécessaires pour exécuter des tâches de ce genre. Leurs fonctions sont également une indication du type de travail jugé approprié pour les femmes à chaque époque. Malheureusement, on détient très peu d’information au sujet des photos, d’où le besoin de pousser la recherche au sujet du travail des femmes dans les usines de pâtes et papiers, si ce sujet venait à être exploré en profondeur dans le cadre de l’exposition.

CSTM DEB Pho-368 Hull U/M Fin. Dept. Female Employees Counting the Sheets of Paper, 1950s CSTM DEB Pho-372 Hull U/M Fin. Dept. Girls Fanning and Counting Sheets of Paper, 1950s
SMST DEB Pho -368 Hull U/M Min. Fin. Employées comptant des feuilles de papier, années 1950 SMST DEB Pho -372 Hull U/M Min. Fin. Filles étalant et comptant des feuilles de papier, années 1950
CSTM DEB Pho-422 Packing Matches, circa 1925
CSTM DEB Pho-423 Girls Packing Boxes of Matches, circa 1925
SMST DEB Pho-422 Emballage d’allumettes, vers 1925
SMST DEB Pho-423 Filles emballant des boîtes d’allumettes, vers 1925

Une autre possibilité de sujet de recherche serait un partenariat avec la SMSTC dans le cadre d’un projet d’histoire orale. Comme l’usine a fermé en 2007, nous pourrions inviter d’anciens employés de l’entreprise E.B. Eddy à relater leur expérience au sujet de l’usine. Grâce à notre expertise en documentation de l’histoire orale, nous serions ainsi en mesure de recueillir et de préserver ces histoires.

Peu importe l’orientation qu’adopte le MHO, l’exposition mettra l’accent sur les travailleurs. Lors de notre visite des archives de la SMSTC, David McGee, archiviste à la SMSTC, nous a généreusement présenté le contenu de la collection et nous a laissé un message clair. En fait, McGee nous a indiqué que [Traduction] « la collection représente bien plus qu’un processus chimique ». Il s’agit là précisément du point de vue du MHO quant à cette occasion unique de raconter l’histoire ouvrière de l’entreprise E.B. Eddy et d’ainsi présenter une histoire inédite.

Nous espérons que vous avez apprécié cet aperçu du processus de création d’une exposition. Si vous souhaitez échanger vos idées sur les possibilités de contenu pour cette future exposition, veuillez communiquer avec nous.

Le MHO souhaite remercier le Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier de financer l’exposition estivale sur la E.B. Eddy Company.

Par Christina Stokes | Traduit par Valérie Lalonde


À l’intérieur de la boîte : L’histoire des supermarchés Dominion

DominionTin1L’image suivante illustre un produit de la chaîne de supermarchés Dominion. À une certaine époque, leur slogan était « Mainly Because of the Meat » (au grand mécontentement de ma femme végétalienne).

Un récit complexe découle de cette petite boîte de thé. Pour être bref, Dominion a initialement été établi par les Américains Robert Jackson et William Pentland en 1919. Pour être un peu moins bref, Dominion a été achetée en 1939 par la société Argus, d’E.P. Taylor.

En 1978, Conrad Black a pris le contrôle d’Argus, au même moment où Dominion avait presque doublé les ventes de Loblaws et connaissait manifestement beaucoup de succès. Black a alors entrepris de liquider les actifs de Dominion – incluant le fonds de pension – pour le financement d’acquis médiatiques. Ces acquis l’ont mené à renoncer à sa citoyenneté canadienne et à accepter une pairie britannique.

Bien évidemment, Dominion est tombé en chute libre.

DominionTin2Et ultérieurement, Black a fait de la prison aux États-Unis pour fraude. (La chroniqueuse de longue date pour McLean’s, Barbara Amiel, est l’épouse de Black. Vous pouvez donc juger de son objectivité par vous-même.) Black n’est actuellement plus dans une prison américaine (sans avoir purgé sa peine) et est de retour au Canada.

Qu’en est-il de certains actifs autrefois possédés par Argus? La triste liste est très longue, mais comprend : Les supermarchés Dominion, vendus à la firme américaine A&P, puis renommés Metro lorsque A&P a vendu ses effectifs canadiens; Carling O’Keefe, vendue à Elders Limited et fusionnée avec Molson, et maintenant fusionnée avec Coors; Orange Crush Ltd., actuellement vendue au Canada par Cadbury Plc, et appartenue par Dr. Pepper Snapple Group; et également le Crown Trust, qui s’est effondré en 1983.

Par David McGee

Atelier pratique : Les objets du Musée de l’histoire ouvrière

Le samedi 30 novembre, le Musée de l’histoire ouvrière (MHO) a accueilli les étudiants en maîtrise du Carleton Centre for Public History (CCPH) à notre nouvelle unité d’entreposage pour un atelier sur les objets du musée. Les étudiants ont pu manipuler et évaluer les objets que nous envisageons d’enregistrer (le processus officiel et légal par lequel le MHO doit passer lorsque nous acceptons un objet dans notre collection). Les objets incluaient des outils de cordonnier, de l’équipement de bureau, comme une machine à calculer, et des vêtements affichant l’insigne des syndicats. La documentation pertinente sera utilisée par le Groupe de travail sur l’acquisition d’artéfacts, qui fait partie du Comité des expositions et de l’éducation, afin d’aider le MHO à enregistrer officiellement ses premiers objets dans la nouvelle année.

Les étudiants ont également eu l’occasion de mettre en pratique leurs compétences en histoire orale en interviewant deux des donateurs des objets. Cette information aidera le MHO à déterminer si les objets répondent à notre mandat et à décider à quelles fins ils peuvent servir au sein de la collection. Le musée aura trois types de collections d’objets : des objets à exposer, des objets servant de référence, et des objets destinés à l’éducation, notamment pour des écoles et des programmes publics.

Ce fut le deuxième atelier où le MHO s’est associé avec le CCPH, et l’enseignement a été offert par Lindsay Harasymchuk, qui dirige le comité de travail, ainsi que par Sanna Guérin, présidente du Comité des expositions et de l’éducation.

Le MHO tient à remercier les étudiants d’avoir participé à l’atelier et de l’avoir aidé dans ce travail très important. En outre, le MHO remercie chaleureusement le CCPH pour son soutien continu.

Par Sanna Guérin


Paul Harrison et la collection de photographies du Musée de l’histoire ouvrière

Photographe au Musée de l’histoire ouvrière (MHO), Paul Harrison est également responsable de la collection de photographies que conserve le Musée. Grâce à l’équipement qu’il possède, il est en mesure de prendre des photos de grande qualité, de numériser des images, des acétates et des documents, de manipuler numériquement des images ainsi que d’extraire le texte d’un document. Il recueille et catalogue les photos prises, par lui-même ou par d’autres, lors d’événements auxquels participe le MHO, afin de créer des archives des activités du Musée.

De plus, Paul aide parfois à trouver des images historiques pour des projets, et il obtient des copies de celles qu’amassent d’autres membres du MHO. Ces photographies sont ensuite répertoriées dans une collection officielle afin que les membres du Musée et des chercheurs externes puissent les utiliser ultérieurement. Si vous prenez des photos lors d’événements du MHO, ou si vous faites l’acquisition de documents ou d’images historiques dans le cadre d’un projet, veuillez communiquer avec Paul afin de produire une copie numérique à ajouter aux archives ou à la collection.

Pour consulter la collection du Musée, veuillez communiquer avec Paul. En cas d’absence, la collection est également conservée sur un disque dur au bureau du MHO, soit au 251, rue Bank.

Traduit par Valerie Lalonde


L’importance de la préservation : l’exposition en ligne « Congés parentaux »

Épinglettes, affiches, articles de journaux et photographies. Ces objets rendent l’exposition en ligne « Congés parentaux » du Musée de l’histoire ouvrière tout aussi chatoyante que l’exposition physique actuelle.

Et nous avons besoin de votre aide.

Geneviève Burley, à la tête des efforts du MHO, affirme que « [trad.] nous n’avons que quelques sortes différentes d’artéfacts. » Dans l’exposition en vigueur, nous retrouvons entre autres des photographies, des ententes collectives des années 80, ainsi que des épinglettes et affiches de l’Alliance de la fonction publique du Canada et du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes.

« [trad.] Une grande partie de notre matériel provient de l’AFPC et du STTP, affirme Mme Burley. Leurs implications ont été incroyables, mais il serait intéressant de mettre la main sur des artéfacts provenant de différents groupes, organismes ou syndicats qui se sont battus pour le droit aux congés parentaux. »

Mais les objets physiques ne sont pas les seules choses qu’elle recherche. « [trad.] Les histoires seraient également les bienvenues, si les gens voulaient bien partager leurs expériences des grèves ainsi que l’impact que ces dernières ont eu sur leurs familles. »

Y a-t-il quelque chose de précis sur la liste de Mme Burley? « [trad.] Nous avons quelques ententes collectives, mais il serait intéressant d’en avoir quelques-unes de plus pour voir comment le langage a changé au cours des années, ainsi qu’au travers des différents syndicats. »

L’exposition « Congés parentaux » du MHO a déjà été partagée d’un bout à l’autre de la province ainsi qu’à Gatineau, et plus de 1000 exemplaires de notre documentaire A Struggle to Remember : Fighting for Our Families ont été vendues.

Avec notre exposition en ligne, cet important chapitre de l’histoire ouvrière au Canada deviendra accessible à davantage de gens. Vous pouvez nous aider en partageant vos artéfacts et histoires. Veuillez faire parvenir vos coordonnées par courriel, avec une image ou une description des artéfacts ou matériel d’archive, à Geneviève Burley et Arthur Carkner.

Nous vous aviserons si votre artéfact ou matériel d’archive peut être utilisé dans le cadre de l’exposition. Le MHO se réserve le droit de reproduire les images, mais le matériel original restera la propriété des individus, sauf en cas de don.

Jusqu’à présent, l’artéfact préféré de Mme Burley dans la collection reste un article de journal datant des années 80. Maintenant pâlissant, il illustre une femme se faisant interviewer au sujet de son expérience dans la grève. « [trad.] Il est intéressant de voir comment une histoire est diffusée dans les médias et comment, surtout dans les temps présents, les gens sont derrière les syndicats. » Cela en soi mérite d’être préservé.

Par Cydney Foote, Chaire de comité des communications/Coordinatrice des bénévoles pour le MHO | Traduit par Ivan Videnov