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Le premier kiosque sur l’histoire de la capitale

Kiosques sur l’histoire de la capitale : membre de l’équipe de projet (*) et chercheurs diplômés :

De gauche à droite : Samantha Osborn*, Ross Rheaume*, Chelsea Fahey*, Barb Stewart*, Sara Hollett, Stephanie Lett, Sarah Chelchowski, Kelsea McKenna, Lisa Bullock, David Dean*, Francesca Brzezicki, Meredith Comba, Rebecca Sykes, William Teal, Jen Halsall, Adam Mahoney, Denise Steeves, Andre Mersereau*

Assis : Emily Barsanti-Innes, Kelsey Bodechon, Phoebe Mannell, Pascale Couturier

Absents : Kelly Ferguson, Dany Guay-Belanger, Kira Smith

Crédit photo : Paul Harrison, Musée de l’histoire ouvrière (5 avril 2017)

Titre

Le Musée de l’histoire ouvrière est heureux d’annoncer le lancement du premier kiosque sur l’histoire de la capitale. Présentant des histoires peu connues ou inédites du passé d’Ottawa, chacun des kiosques consiste en une feuille de vinyle qui recouvre la boîte électrique de feux de circulation. Sur ces boîtes figurent une image saisissante, une histoire captivante et un code QR qui mène les visiteurs vers une capsule historique sur le site Web du Centre d’histoire publique de l’Université Carleton, au CapitalHistory.ca.

Des étudiants de cycle supérieur ont élaboré les capsules historiques associées aux kiosques dans le cadre du séminaire du professeur David Dean sur les musées, la mémoire collective et l’identité nationale, tenu en hiver 2017 à l’Université Carleton. Le premier d’une douzaine de kiosques, installé à l’intersection des rues Bank et Exhibition, au parc Lansdowne, raconte les débuts de la crosse au parc Lansdowne; la capsule a été élaborée et rédigée par Mme Lisa Bullock.

Les kiosques sur l’histoire de la capitale sont un projet mené par le Musée de l’histoire ouvrière, en collaboration avec le Centre d’histoire publique de l’Université Carleton, l’entreprise de conception graphique Chapter One Studio, et l’artiste Ross Rheaume. Le projet reçoit le soutien d’Ottawa 2017, la CIBC et les trois partenaires délégués du Programme d’investissement des arts, de la culture et du patrimoine : le Conseil des arts AOE, le Conseil des arts d’Ottawa et le Conseil des organismes du patrimoine d’Ottawa. Il est financé par une subvention du Programme d’investissement des arts, de la culture et du patrimoine d’Ottawa 2017.

Plus de douze kiosques apparaîtront partout dans la ville au cours des prochaines semaines.

L’usine de papier E. B. Eddy immortalisée en photos

Pendant plus de 150 ans, l’usine de papier E. B. Eddy était un site d’activité industrielle en perpétuelle croissance. L’usine se mua en une kyrielle de bâtiments ornant les rives québécoise et ontarienne de la chute des Chaudières, employant des milliers de personnes et transformant des arbres en une étonnante variété de produits de papier. Puis, en 2006, elle ferma les portes.

Un photographe bénévole capture les centaines de détails sur les murs d’une ancienne centrale thermique à vapeur.

Un photographe bénévole capture les centaines de détails sur les murs d’une ancienne centrale thermique à vapeur.

La société Windmill procèdera prochainement à la reconstruction du complexe en bureaux, en condominiums et en zones publiques. Elle incorporera le plus grand nombre possible des bâtiments historiques actuels, mais de nombreux bâtiments seront démolis, car leur structure est maintenant instable. Les bâtiments conservés seront remodelés à des fins bien différentes de celles du passé.

Conscients de l’importance historique et patrimoniale du site et résolus à le préserver le plus possible, Windmill et les propriétaires actuels (Domtar) ont accueilli favorablement une proposition du Musée de l’histoire ouvrière (MHO) pour un projet d’archivage inhabituel, et possiblement unique. Ce projet vise à documenter visuellement l’ensemble des dizaines de bâtiments sur le site, à les immortalisés dans l’instant avant qu’ils ne soient appelés à disparaître ou à changer.

Une plate-forme de commande servant à mesurer le débit de vapeur reluit dans la lumière qui filtre des fenêtres.

Une plate-forme de commande servant à mesurer le débit de vapeur reluit dans la lumière qui filtre des fenêtres.

En réunissant les efforts de photographes bénévoles et d’assistants passionnés d’histoire, le MHO documentera le complexe de l’usine E. B. Eddy en entier. Près de 100 000 images et des centaines de vidéoclips devraient émerger du projet, lesquelles feront ensuite partie de la collection du MHO.

Le MHO entend déjà utiliser cette nouvelle ressource de plusieurs façons. Par exemple, des échanges ont eu lieu avec le Musée des sciences et de la technologie du Canada, qui détient des artéfacts et des archives dont a fait don la E. B. Eddy Company. Par ailleurs, il prépare diverses expositions permanentes et itinérantes dont certaines pourraient être installées dans les zones publiques du complexe de Windmill. Les images prises dans le cadre du projet seront également mises à la disposition de la société Windmill, qui pourra les utiliser, notamment à des fins de promotion. En échange, en remerciement de leur dévouement et de leurs nombreuses heures de travail acharné en vue de préserver ce patrimoine, les photographes obtiendront les droits, s’ils le demandent, des images qu’ils auront prises.

Des boulons qui, autrefois, maintenaient en place la machinerie reposent désormais calmement dans un coin, immortalisés à jamais par un bénévole.

Des boulons qui, autrefois, maintenaient en place la machinerie reposent désormais calmement dans un coin, immortalisés à jamais par un bénévole.

Si vous êtes un photographe passionné ou si vous souhaitez consacrer une journée ou deux par semaine à la réalisation de ce grand projet, communiquez avec nous. Nous travaillons actuellement les lundis et les jeudis, mais comptons prochainement former une équipe qui travaillera le samedi ou le dimanche. Envoyez un courriel à l’adresse images@workershistorymuseum.ca pour recevoir de plus amples renseignements et connaître en quoi consiste le travail.

Dans la série A Day in the Life of a WHM Volunteer at the E. B. Eddy Mill, Paul Harrison livre avec une grande finesse les précieux détails de son expérience. Lisez son témoignage intégral [en anglais seulement].

A Day in the Life of a WHM Volunteer at the E. B. Eddy Mill, Part I
A Day in the Life of a WHM Volunteer at the E. B. Eddy Mill, Part II
A Day in the Life of a WHM Volunteer at the E. B. Eddy Mill, Part III
A Day in the Life of a WHM Volunteer at the E. B. Eddy Mill, Part IV

Par Paul Harrison, WHM Official Photographer | Traduit par Valérie Lalonde

Caje Rodriquez, photographe bénévole, tient une planchette à pince retenant des rapports et paraît plutôt redoutable debout dans le cadre de la porte de la salle des commandes électriques située sur le toit.

Caje Rodriquez, photographe bénévole, tient une planchette à pince retenant des rapports et paraît plutôt redoutable debout dans le cadre de la porte de la salle des commandes électriques située sur le toit.

Un manomètre, outil autrefois essentiel à l’opérateur, indique maintenant un zéro peut-être symbolique.

Un manomètre, outil autrefois essentiel à l’opérateur, indique maintenant un zéro peut-être symbolique.

Bien que des panneaux de commande modernes aient été installés depuis longtemps et qu’ils se trouvaient à proximité, les massives vannes manuelles de la centrale thermique à vapeur étaient toujours en place.

Bien que des panneaux de commande modernes aient été installés depuis longtemps et qu’ils se trouvaient à proximité, les massives vannes manuelles de la centrale thermique à vapeur étaient toujours en place.

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Le bénévole Bill Woodley travaille parmi les imposants piliers de béton au sous‑sol qui, autrefois, supportaient les machines massives de l’usine se trouvant à l’étage.

Le bénévole Bill Woodley travaille parmi les imposants piliers de béton au sous‑sol qui, autrefois, supportaient les machines massives de l’usine se trouvant à l’étage.

 La rouille peut ajouter des détails artistiques sur de simples objets.

La rouille peut ajouter des détails artistiques sur de simples objets.

Chaque tuyau, conduit et câble avait attentivement été étiqueté par la petite armée d’ingénieurs qui réparait et entretenait le complexe.

Chaque tuyau, conduit et câble avait attentivement été étiqueté par la petite armée d’ingénieurs qui réparait et entretenait le complexe.

Quoique la majorité des étages soit vide, on peut encore y retrouver certaines pièces laissées derrière ou même des vêtements d’anciens travailleurs.

Quoique la majorité des étages soit vide, on peut encore y retrouver certaines pièces laissées derrière ou même des vêtements d’anciens travailleurs.

Rendu fantomatique par l’exposition prolongée, un bénévole défile le long de l’ancienne ligne de production.

Rendu fantomatique par l’exposition prolongée, un bénévole défile le long de l’ancienne ligne de production.

L’éclairage moderne placé de façon sporadique donne une apparence austère aux chambres souterraines qui, autrement, ont une allure plutôt médiévale.

L’éclairage moderne placé de façon sporadique donne une apparence austère aux chambres souterraines qui, autrement, ont une allure plutôt médiévale.

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Des ventilateurs, certains de la grosseur d’un cottage, se retrouvent au plafond de chacun des étages.

Des ventilateurs, certains de la grosseur d’un cottage, se retrouvent au plafond de chacun des étages.

Constituant les immenses systèmes circulatoire et nerveux de l’entreprise, de nombreux conduits de vapeur, d’eau, d’électricité ou de données enlacent encore les murs, les planchers et les plafonds.

Constituant les immenses systèmes circulatoire et nerveux de l’entreprise, de nombreux conduits de vapeur, d’eau, d’électricité ou de données enlacent encore les murs, les planchers et les plafonds.

Le vidéographe du MHO documente la centrale thermique à vapeur.

Le vidéographe du MHO documente la centrale thermique à vapeur.

Projet du Musée de l’histoire ouvrière sur la formule Rand

En 1946, après une grève difficile de 99 jours qui a opposé la section locale 200 du tout nouveau syndicat des Travailleurs unis de l’automobile à la puissante compagnie Ford Motor à Windsor, en Ontario , le juge Ivan Rand de la Cour suprême du Canada a rendu une décision historique. Comme le syndicat assurait une représentation de tous les membres de l’unité de négociation, y compris ceux qui ne sont pas membres du syndicat, il est en droit de recevoir un paiement pour tous les services qu’il fournit. Aucun employé n’est obligé de devenir membre d’un syndicat. Toutefois, l’employeur déduit les cotisations syndicales à la source sur les salaires de tous les employés de l’unité de négociation, qu’ils soient syndiqués ou non, et verse ces cotisations au syndicat.

Cette décision, qui est maintenant connue comme la formule Rand, a été confirmée et renforcée devant les tribunaux et dans les sentences arbitrales. Néanmoins, et malgré le soutien populaire, cette décision continue d’être contestée, notamment avec l’introduction récente du projet de loi d’initiative parlementaire C-525 .

Reconnaissant le rôle important que la formule Rand a joué dans la vie des travailleurs syndiqués et non syndiqués, un membre du Musée de l’histoire ouvrière (MHO) a proposé qu’elle fasse l’objet d’une prochaine exposition du MHO.

Le sous-comité responsable du projet sur la formule Rand a depuis travaillé avec diligence. Une exposition itinérante sera prête à l’automne 2014 et un documentaire sera diffusé cet hiver. Nous préparons également des notes de recherche, du matériel éducatif, y compris un manuel du participant, une exposition et un court métrage documentaire en anglais et en français. Le projet comprendra des fiches pédagogiques pour les animateurs de cours sur les syndicats et une version d’auto-apprentissage en ligne.

Nous sommes impatients de présenter cette nouvelle exposition et de partager les contributions positives que les syndicats ont apportées à la vie sociale, politique et économique du Canada.

Par Maddie Cleroux | Traduit par Céline Caron

La classe ouvrière d’Ottawa et la Première Guerre mondiale

En effectuant de la recherche pour une prochaine exposition du Musée de l’histoire ouvrière (MHO) portant sur la classe ouvrière d’Ottawa pendant la Première Guerre mondiale, j’ai été ému par la façon dont des gens de diverses classes, religions et races se sont unis en tant que collectivité.

Ottawa est souvent qualifiée de grande ville aux allures de village. Le sentiment d’appartenance à la collectivité que suscite Ottawa est toujours présent : il fait partie de son charme et de sa personnalité et il est au cœur même de son développement. À mon avis, la recherche que j’ai menée jusqu’à maintenant ne fait que confirmer ce fait.

J’espère que vous aimerez cet aperçu de mes recherches autant que j’ai aimé recueillir les renseignements.

Campagne de financement pour un navire-hôpital

La première chose ayant retenu mon attention lors de mon exploration de sujets de recherche a été la campagne nationale de financement pour un navire-hôpital. Organisée par des femmes, cette campagne visait à lever des fonds afin de fournir un navire-hôpital à l’Empire.

L’Ordre impérial des filles de l’Empire a mené la campagne de financement avec l’objectif d’amasser 100 000 dollars. Dans History of the Hospital Ship Campaign, on note que la campagne de financement était considérée comme « [Traduction] une occasion pour toute Canadienne de manifester sa loyauté et son dévouement à l’égard de l’empire [sic] » (Imperial Order of the Daughters of the Empire, sans date, p. 2). La campagne a duré deux ou trois semaines et a permis de recueillir 282 857,77 dollars. Une partie des fonds a servi à l’achat d’ambulances motorisées et le reste a été utilisé pour la construction d’un immeuble à la Royal Naval Hospital Haslar où résidaient les infirmières (Imperial Order of the Daughters of the Empire, sans date).

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Selon le registre de L’Ordre impérial des filles de l’Empire, un montant de 19 541,14 dollars provenait d’Ottawa. Heureusement, l’Ordre n’est pas le seul à avoir conservé des renseignements au sujet des dons. En fait, le Ottawa Journal a conservé un registre plus détaillé dans lequel est inscrit le nom de chaque donateur ainsi que le montant offert. Cette liste est essentielle lorsqu’on examine la façon dont ont collaboré diverses collectivités d’Ottawa dès le début de la guerre.

Les faits mènent à constater que des filles de différentes entreprises ont mis leur argent en commun pour offrir un don, que des gens ont recueilli des dons lors d’événements et que de nombreuses personnes ont fait des dons selon leurs moyens. Tant pour la classe ouvrière que pour l’élite, la collecte de fonds était un effort communautaire. Il s’agit là d’un parfait exemple de la façon dont une collectivité comme celle d’Ottawa peut s’unir dans les moments difficiles et surpasser les attentes.

Une des histoires les plus remarquables de la campagne de financement est celle de deux jeunes garçons, Roland et Walter Garlick. Ils avaient joint à leur don de 3,50 dollars la lettre suivante : « [Traduction] Monsieur, Nous voulions aider à amasser de l’argent pour le fonds de l’hôpital-navire. Mon frère est presque aveugle, mais il a vendu son perlage qu’il a fait à l’école Brantford Blind, et j’ai vendu ma menuiserie fabriquée dans mon cours d’éducation manuelle » (Ottawa Evening Journal, 19 août 1914).

La collectivité s’est unie de la sorte à diverses occasions. Néanmoins, de nombreuses inquiétudes se faisaient sentir, particulièrement parmi la classe ouvrière, concernant la concurrence sur le marché du travail, la dilution et les coûts croissants des biens.

Mai 1918

Une deuxième question a attiré mon attention, soit celle du raid du 1er mai 1918 où la police fédérale a arrêté dix-huit hommes âgés de 21 à 56 ans lors d’une réunion des Travailleurs industriels du monde et du Nove Zhyttia au 268, rue Rochester.

Les hommes étaient rassemblés pour écouter un discours de Stefan Waskan, organisateur des Travailleurs industriels du monde établi à Toronto (Hunchuck, Moore, mai 2009). Pendant le raid, la police fédérale a confisqué de la littérature autrichienne en vue de la faire traduire et a trouvé des macarons sur lesquels était inscrit : « Social service independent workers world unite » (Ottawa Evening Journal, 2 mai 1918, p. 1).

Internment campParmi les dix-huit hommes, dix-sept ont été envoyés à Kapuskasing et libérés le 2 octobre 1919. Waskan a été le seul à ne pas se faire interner. Quoique né en Autriche, il était un citoyen naturalisé britannique, et la loi stipulant que la citoyenneté accordée après 1902 pouvait être révoquée s’appliquait seulement aux Canadiens (Hunchuck, Moore, 2009). Waskan a été détenu pour oisiveté criminelle jusqu’à ce que soit terminée la traduction du livre et de la brochure (Ottawa Evening Journal, 1918, p. 3).

Parmi les hommes envoyés à Kapuskasing, quatre sont revenus à Ottawa et ont fondé la section d’Ottawa de la Ukrainian Labour Temple Association en 1920. Des renseignements sur la vie des treize autres hommes après leur internement n’ont pas encore été trouvés (Hunchuck, 2010).

Dernières réflexions

Les enjeux entourant la classe ouvrière d’Ottawa pendant la Première Guerre mondiale contribuent à une meilleure compréhension des difficultés à surmonter et illustrent simultanément l’esprit de communauté qui régnait.

Les recherches qui ont été menées, et qui continuent d’être menées, offrent un aperçu du passé culturel d’Ottawa. Vous pouvez compter sur nous pour vous faire découvrir davantage d’information sur la classe ouvrière d’Ottawa pendant la Première Guerre mondiale.

Par Andrea Gonzalez | Traduit par Valérie Lalonde

Références

Ottawa Evening Journal. Le 19 août 1914.

Ottawa Evening Journal. Le 2 mai 1918.

Ottawa Evening Journal. Le 3 mai 1918.

Édifice des femmes canadiennes, Royal Naval Hospital Haslar. [croquis]. Dans Imperial Order of the Daughters of the Empire. Sans date. The History of the Hospital Ship Fund; Which was the Imperial Gift of the Women of Canada to the British Army and Navy 1914. Déposé aux Archives nationales MG28-I17 V33.

Hôpital Haslar, aile des femmes canadiennes. [photo]. Dans Imperial Order of the Daughters of the Empire. Sans date. The History of the Hospital Ship Fund; Which was the Imperial Gift of the Women of Canada to the British Army and Navy 1914. Déposé aux Archives nationales MG28-I17 V33.

Hunchuck, S.H., Moore, P. (12 mai 2009) 1918: Raid and Internment. Ottawa-Outaouais IWW. Consulté le 9 juin 2014, sur Internet : http://ottawaiww.org/?Page_ID=176.

Hunchuck, S.H., (2010). ‘Of course it was a Communist Hall’: A spatial, social, and political history of the Ukrainian Labour Temples in Ottawa, 1912-1965. Dans J.Mochoruk, R.L. Hinther (éd.), Re-imagining Ukrainian Canadians: History, Politics, and Identity. (403-435). Toronto : University of Toronto Press.

Imperial Order of the Daughters of the Empire. Sans date. The History of the Hospital Ship Fund; Which was the Imperial Gift of the Women of Canada to the British Army and Navy 1914. Déposé aux Archives nationales MG28-I17 V33.

Imperial Order of the Daughters of the Empire. Sans date. The IODE in Wartime; A record of women’s work for King and Empire. The Bryant Press : Toronto. Déposé aux Archives nationales MG28-I17 V33.

« Inside the campground at Kapuskasing ». [photo]. In fear of the barbed wire fence: Canada’s first national internment operations and the Ukrainian Canadians, 1914-1920. Éd. Luciuk, L. Kingston : Kashtan Press, 2001.

Le Musée accueille une nouvelle stagiaire d’été

Le Musée de l’histoire ouvrière (MHO) a de nouveau la chance de recevoir du financement de Jeunesse Canada au travail (JCT) pour l’embauche d’un stagiaire pour l’été. Cette année, notre étudiante est Andrea Gonzalez, et nous sommes extrêmement chanceux de l’accueillir parmi nous.

« Je suis excitée à propos de deux choses », dit-elle au sujet de son emploi d’été au MHO. « La première étant que j’ai l’occasion de voir comment se développe un musée qui est considérablement nouveau et de constater le processus qu’il doit suivre pour s’établir. La seconde étant que je peux faire des recherches et en apprendre davantage sur l’histoire d’Ottawa. J’aime faire de la recherche et je pense qu’il est important d’apprendre sur la collectivité dans laquelle nous vivons ».

Originaire de Sarnia et maintenant établie à Ottawa, Andrea est diplômée de l’Université Carleton, où elle a obtenu un baccalauréat en histoire et sciences politiques. Elle vient de terminer sa première année au programme d’études muséales appliquées du Collège algonquin. Voyageuse avertie, Andrea est aussi une passionnée de musées. Elle nomme le Grand Palais en Thaïlande comme l’un de ses favoris, évoquant « le détail et la réflexion qui ont été mis dans la conception du Palais » comme faisant partie de son charme. Elle garde aussi de bons souvenirs du Centre des sciences de Saint-Louis, et dit « ne pas se lasser de son approche et de ses expositions, et qu’elle ne s’en lassera probablement jamais ».

Connaissant bien l’histoire locale grâce à ses cours d’histoire ainsi que ses études canadiennes, Andrea est chargée de la recherche pour deux expositions du MHO : l’histoire des travailleurs de la compagnie E.B. Eddy et l’histoire de la classe ouvrière d’Ottawa lors de la Première Guerre mondiale.

Restez aux écoutes du blogue du MHO au cours des prochaines semaines pour voir ce qu’Andrea découvre!

Se souvenir de la fonction publique : Recrutement de participants

« Remembering the Civil Service: A Study of Aboriginal Labour Experiences in the Post-War Ottawa Federal Civil Service » (Souvenirs de la fonction publique : Une étude sur l’expérience de travail d’autochtones dans la fonction publique fédérale d’Ottawa au cours de l’après-guerre ) est une étude d’histoire orale conçue pour aider les individus qui se sont déclarés comme étant des Premières Nations , des Métis et des Inuits à raconter leurs histoires de ce que c’est que de travailler au sein de la fonction publique fédérale canadienne comme étudiant ou dans un poste temporaire ou permanent.

Il est important qu’ils participent à cette activité, car l’histoire ne tient pas compte de leurs voix en tant que travailleurs et personne n’est mieux placé qu’eux pour présenter cette partie du passé canadien. Cette activité permettra une plus grande reconnaissance publique et académique de leurs contributions à l’économie canadienne et au pays que nous connaissons aujourd’hui. Elle aidera également les chercheurs à comprendre la période de transition qu’a traversée le Canada pour rendre la main-d’œuvre de la fonction publique plus inclusive.

Le matériel d’entrevue (enregistrements audio et transcriptions) peut être déposé auprès du service Archives and Research Collections , les archives de l’Université Carleton, de sorte que ces récits puissent être consultés en personne ou sous format numérique. Ceux-ci pourraient devenir une ressource culturelle précieuse pour les personnes interrogées et les communautés auxquelles elles appartiennent. L’anonymat peut être assuré, et est parfois recommandé, pour les personnes interrogées. Dans ces cas, leur participation sera quand même extrêmement précieuse.

Prendre part au projet peut être aussi simple que de participer à une entrevue d’une heure. Quiconque souhaite participer (ou faire parvenir les coordonnées d’amis ou de collègues ) peut contacter Alisha Seguin.

https://twitter.com/AlishaSeguin
Remembering The Civil Service (en anglais seulement)
Remembering the Civil Service: A Study of Aboriginal Labour Experiences in the Post-War Ottawa Federal Civil Service (en anglais seulement)


L’établissement d’un système national d’assurance-emploi n’a pas été une lutte de tout repos

Sans assurance-emploi en cours durant la dépression des années 30, les ouvriers n’avaient droit à du soutien que s’ils travaillaient sur des projets publics de la Défense nationale, tels que la construction de cette route à Rockliffe.

Pour tous ceux qui sont sans emploi et qui tentent de survivre avec l’assurance-emploi, ce n’est pas une surprise d’apprendre que depuis le début de la récession de 2008, le Canada s’est retrouvé derrière bon nombre de pays développés lorsqu’il est question de la création d’emplois.

Ceci nous mène à songer sur la question des autres époques au cours desquelles il y eut de hauts taux de chômage et aux réactions des travailleurs. Mis à part les rudes années 30, nos livres d’histoire ne portent qu’une attention minime aux chômeurs, et pourtant, notre économie a été une grande source de problèmes pour les travailleurs, et ce à plusieurs reprises dans l’histoire.

À Ottawa, les édifices parlementaires n’offrent que peu d’opportunités de porter attention au chômage. Durant leur construction initiale, dans les années 1860, le budget avait été épuisé et la construction devait être interrompue durant tout l’hiver de 1862, jusqu’en 1863. Sur la colline, il ne restait que des édifices partiellement complétés, des pierres et des débris, alors que dans la ville, les familles affamées tentaient de survivre à un long hiver. L’arrêt des travaux a été drastique pour Ottawa, laissant entre 1 300 et 1 700 hommes sans emploi, sans opportunité d’emploi ailleurs, et sans compensations pour les aider à nourrir leurs familles.1

La dépression qui a débuté en 1913 et qui s’est étalée sur toute la période de la Première Guerre mondiale a fait beaucoup de dommages parmi les ouvriers; certaines manufactures ont vu plus de 40% de leurs employés se retrouver sans travail. Ceux qui n’avaient pas de revenu devenaient de plus en plus désespérés. En 1916, à la suite de l’incendie qui a détruit le Bloc central, les Travaux publics ont fait un appel pour 300 ouvriers. Le résultat a presque causé une émeute. Plus de 2 000 hommes se sont rués vers la colline, réclamant du travail; des centaines ont pris d’assaut le terrain, mettant la main sur les outils dans l’espoir de se voir offrir un emploi.

Les membres du Allied Trades and Labour Association ont réagi à ces hauts taux de chômage et sont parvenus à convaincre le conseil municipal d’établir un bureau municipal d’aide à l’emploi.2 Toutefois, le Canada ne mettra pas sur pied son programme fédéral de chômage avant 1918 avec l’adoption de La Loi de coordination des Bureaux de placement de 1918l’acte de Coordination des bureaux d’emploi. Ce programme était financé par les paliers fédéral et provincial, avec des subventions fédérales pour l’ouverture de bureaux d’emploi provinciaux. Au même moment fut créé le département des Services à l’emploi, avec pour mandat de fournir des données et des conseils sur l’emploi.

L’établissement d’un système national d’assurance-emploi n’a pas été une lutte de tout repos. L’acte d’Emploi et d’assurance sociale de 1935, adopté par les Conservateurs de Bennett, a établi un schéma national de chômage, mais le nouvellement élu gouvernement libéral a référé l’acte à la Cour suprême. L’acte a été aboli sur des bases constitutionnelles puisque l’assurance-emploi était de juridiction provinciale. Il aura fallu le gouvernement britannique pour amender l’acte Britannique nord-américain de 1940, avant même que le gouvernement ne puisse réagir, pour reconnaître l’assurance-emploi comme étant un pouvoir du palier fédéral. D’ici là, la dépression des années 30 a fait tant de ravages que le gouvernement avait été pressé d’agir rapidement. À peine un mois plus tard, le gouvernement fédéral adopta l’acte de l’Assurance-emploi, instaurant ainsi un système public national.

Les travailleurs de 1862-63 et ceux de 1916 avaient besoin de l’appui d’un tel système, mais n’en avaient aucun. C’est à eux que nous le devons, et à tous ceux qui ont lutté pour faire de l’assurance-emploi nationale une réalité, et pour s’assurer que le système continue de servir les travailleurs. Mais un tel système ne pourrait remplacer ce dont les travailleurs ont besoin et ce qu’ils réclament : un emploi.

Par Ken Clavette | Traduit par Ivan Videnov

1 BIGIO, Alia, essai pour The Parliament Buildings: The Untold Story (recherché non-publiée), 2005, p. 2.
2 SYKES, Peggy, History of the Allied Trades and Labour Association 1897-1922: A Study of Working-Class Resistance and Accommodation by the Craft Worker, Université Carleton, mai 1992, pp. 48-49.