Cal Best

James Calbert « Cal » Best est né à l’époque de la ségrégation au Canada. Alors qu’il n’était qu’un garçon, sa mère et lui ont reçu une amende pour avoir refusé de quitter la section réservée aux Blancs du cinéma local. Au cours des décennies suivantes, le paysage culturel connut de grands changements, avec de nouvelles possibilités s’offrant à la communauté noire. Une part importante de ce progrès est attribuable au travail incessant de Cal Best.

Le Projet Cal Best, une des excitantes entreprises du MHO, souligne une partie incontournable, mais bien souvent mise de côté, de l’histoire : la nécessité de l’activisme pour améliorer une société.

Nouvelles:
2/4/14: Cal Best et l’édition 2014 du Mois de l’histoire des Noirs : la chance nous a souri
2/1/14: Le « Projet Cal Best » en tournée pancanadienne
1/24/14: Célébrons le Mois de l’histoire des Noirs 2014!
12/10/13: Dévoilement de la salle de conférence J. Calbert Best
11/7/13: Adrian Harewood, hôte du lancement du projet sur Cal Best à Ottawa
10/24/13: Cal Best : Sa vie ‒ Une discussion avec les cinéastes
2/23/13: Le MHO célèbre le Mois de l’histoire des Noirs

  La vie de Cal Best

“James Calbert Best était un de mes héros.”
L’honorable Donald H. Oliver C.R.

“Je suis fier d’affirmer que ce grand homme était un Néo-Écossais…”
Darrell E. Dexter, Q.C., Premier ministre de la Nouvelle-Écosse

James Calbert (Cal) Best naît en juillet 1926 à New Glasgow, en Nouvelle-Écosse. Membre d’une famille unie, il est bon dans ses études et dans les sports. Un jour, lui et sa mère, Carrie Best, sont arrêtés et mis à l’amende pour avoir refusé de quitter la section réservée aux Blancs au cinéma Roseland de New Glasgow.

Carrie Best fonde le journal The Clarion, et Cal y travaille à ses côtés. Il s’agit du tout premier journal qui se consacre aux questions touchant les Noirs en Nouvelle-Écosse. Par exemple, il carrie bestmobilise l’opinion du public autour de l’affaire Viola Desmond, cette cause tristement célèbre dans laquelle les tribunaux ont confirmé le droit de pratiquer la discrimination raciale dans les lieux publics. Dans les années 1940, à l’aube de la proclamation de la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948, de plus en plus de voix en Amérique du Nord s’élèvent contre la discrimination raciale et les autres formes de discrimination. Les journaux locaux comme le Clarion sont d’importants outils pour permettre aux collectivités de participer aux débats qui étaient jusque-là l’apanage du monde universitaire et du domaine juridique.

Cal Best étudie en sciences politiques et en administration publique au King’s College, en Nouvelle-Écosse. Il aurait pu faire carrière comme athlète, mais les Noirs ne sont pas admis dans les sports professionnels à l’époque. Après ses études, il décroche un emploi à Ottawa au ministère du Travail dans le domaine de la négociation collective. Le gouvernement fédéral supervise alors les négociations dans les secteurs réglementés par le gouvernement fédéral, comme les chemins de fer et le transport aérien, mais ne permet pas à ses employés de former des syndicats ou de négocier leurs conditions de travail. Cal Best entreprend d’éliminer ces deux restrictions.

En 1958, Cal Best est élu président de la nouvelle Association du Service civil du Canada, qui vise à remplacer les associations d’employés concurrentes et très inefficaces par un seul syndicat démocratique capable d’obtenir de bons résultats par la négociation collective.

Cal travaille inlassablement à faire de la syndicalisation et du lobbying et à mener des recherches avec l’Université McGill pour concevoir un bon système de négociation collective pour la fonction publique. Il dirige l’Association du Service civil jusqu’en 1966, année où elle fusionne avec la Fédération du Service civil du Canada pour former l’Alliance de la Fonction publique du Canada. Ensemble, les deux organisations avaient alors un appui majoritaire dans la plupart des catégories d’emplois au gouvernement fédéral, ce qui leur permettait de s’attaquer pour la première fois à de nombreux problèmes au nom de leurs membres. Cal Best est considéré comme l’un des fondateurs de l’Alliance de la Fonction publique du Canada, car il a joué un grand rôle dans leurs pourparlers sur la fusion.

Cal Best quitte le mouvement syndical pour occuper divers postes de cadre supérieur au sein du gouvernement (voir ci-dessous). Il devient le premier Noir du Canada à être nommé ambassadeur. C’est là son plus grand accomplissement. À la retraite, il siège à diverses commissions, notamment celle sur la participation des minorités visibles dans la fonction publique.

Lorsqu’il commence sa carrière, la fonction publique compte bien peu de Noirs. Ensuite, de plus en plus de Noirs y obtiennent des emplois subalternes et précaires. Aujourd’hui, la fonction publique est beaucoup plus représentative. Cal Best était un chef de file. Il est une grande source d’inspiration, car il a prouvé qu’à force de patience et de persévérance, on peut améliorer le monde.

Le Projet Cal Best

Le « Projet Cal Best » célèbre la vie et l’héritage de cet activiste extraordinaire par l’entremise d’une exposition itinérante qui comprend un documentaire (Cal Best : Sa vie), un présentoir éducatif bilingue à panneaux multiples et une discussion en groupe. De ses débuts journalistiques couvrant le cas controversé de Viola Desmond, jusqu’à sa nomination en tant que premier Noir du Canada au poste de haut-commissaire, les efforts de Best seront ravivés par l’intermédiaire d’entrevues, de documents d’archives et des relevés de nouvelles contemporaines. Une attention toute particulière sur l’implication de Best pour des services publics plus inclusifs mettra l’accent sur ses efforts en tant que cofondateur et président de l’Association du Service civil du Canada (le précurseur de l’Alliance de la Fonction publique du Canada [AFPC]) et souligne la dette que lui doivent aujourd’hui des milliers de fonctionnaires canadiens.

exhibit_cal_best_7

L’exploration du MHO de la vie de Cal Best a débuté humblement, utilisant des extraits de conversations avec les fondateurs de l’AFPC pour jeter un œil à la vie et à la carrière de Best. Nous nous sommes vite rendu compte que ce que nous savions à son sujet n’était que la pointe de l’iceberg. « [trad.] Nous avons pris connaissance de ses luttes initiales contre le racisme, ses réalisations en Nouvelle-Écosse, au sujet de sa mère, Carrie Best. Les rôles qu’a joués Best dans l’immigration, le sport amateur et divers postes supérieurs au sein de ministères gouvernementaux le menant à devenir le premier haut commissaire (ambassadeur) Noir du Canada, se sont peu à peu manifestés, et nous continuons d’en apprendre davantage », souligne le coordinateur du projet, Arthur Carkner.

L’histoire de Cal Best ne doit pas être oubliée. En portant le « Projet Cal Best » à des auditoires partout au pays, nous nous assurons que le plus grand nombre possible de Canadiens peuvent apprendre qui a été ce remarquable personnage.

Financement

Le Musée de l’histoire ouvrière reconnaît le soutien généreux apporté à cette exposition par :

• Alliance de la Fonction publique du Canada, région de la capitale nationale
• Alliance de la Fonction publique du Canada, Région de l’Ontario
• Alliance de la Fonction publique du Canada, Région de l’Atlantique
• Coalition of Black Trade Unionists

Cal Best : Sa vie

Visionnez un documentaire intéressant sur la vie et l’époque de Cal Best, figure dominante de l’histoire des Noirs du 20e siècle. Par le biais d’entrevues et d’images, nous sommes témoins de son cheminement, à partir de sa jeunesse à New Glasgow, N.É., puis comme fondateur et dirigeant syndical, haut fonctionnaire gouvernemental et premier Noir, Haut-commissaire (ambassadeur) du Canada. Un homme qui a changé le monde pour le mieux.