Britannia: Terrain de jeu populaire

Introduction

Au début des années 1900, où se rendait la classe ouvrière pour se détendre?

Avant Internet, la télévision, la radio et même le cinéma, les travailleurs se tournaient vers les parcs d’attractions Trolley (de la compagnie du même nom) pour se divertir et pour leurs loisirs. Pour la somme de cinq cents, les travailleurs et travailleuses pouvaient prendre la ligne de tramway allant à l’ouest, vers le parc Britannia. Situé à l’extérieur de la ville, dans le comté de Nepean, le parc donnait la possibilité de se baigner, de pique-niquer et de profiter de manèges, de musique et de danse. Le parc Britannia était aussi un lieu très prisé pour la pratique d’activités récréatives et sportives comme la natation, la navigation de plaisance et l’aviron. Il y avait même une jetée de plus de 300 mètres sur le lac Deschênes.

Le parc Britannia est l’un de ces parcs, un des premiers au Canada, bien connu de toute la côte est de l’Amérique du Nord. Le parc a ouvert en 1900 et son époque de gloire s’est poursuivie jusque dans les années 1920. De nos jours, il représente encore une destination récréative de choix à Ottawa.

Britannia: Terrain de jeu populaire

Au début du 20e siècle, le parc Britannia était un des endroits les plus fréquentés d’Ottawa. Il offrait des activités pour tous les goûts : pique niques, spectacles, baignade, navigation de plaisance, soirées de danse. Tout comme la célèbre Coney Island de New York, le parc Britannia était un lieu de divertissement et de spectacles pour les familles qui voulaient échapper à la congestion des quartiers d’ouvriers. Pendant 40 ans, le parc Britannia a été un terrain de jeu populaire.

Britannia the Peoples’ Playground.

Une destination

À l’époque, les parcs publics fédéraux étaient des aménagements paysagers élégants réservés aux activités passives comme la promenade. Dans ces parcs, les activités turbulentes comme le baseball, un passe-temps préféré chez la classe ouvrière, étaient découragées. Le parc Britannia offrait donc une option attrayante, quoique commerciale.

Une excursion

Britannia était un « trolley park », ou parc de loisirs, situé à l’ouest de la ville sur la ligne de tramway. Pour un tarif de 5 cents, les résidents urbains d’Ottawa pouvaient naviguer la ligne Britannia le long du chemin Richmond jusqu’en campagne. Ce voyage pittoresque offrait la chance aux passagers d’échapper à la vie quotidienne… pour une somme.

La pieuvre de l’électricité

Lors de sa création en 1900, le parc Britannia n’était pas considéré comme un parc public, mais plutôt l’œuvre d’un empire financier. Cet empire tentaculaire, Ahearn & Soper, était propriétaire de l’Ottawa Light, Heat & Power, du tramway électrique et de l’usine où elle en fabriquait les voitures, ainsi que d’une entreprise qui vendait des terrains le long de la ligne de tramway pour la construction de projets résidentiels et d’habitations. Ahearn & Soper était également propriétaire d’une entreprise qui fabriquait les tramways et d’une autre qui produisait l’énergie pour les alimenter. La vente de propriétés, le revenu généré par les concessions et l’auditorium du parc ainsi que les tarifs imposés aux passagers du tramway ont permis à Ahearn & Soper de tirer profit.

Croissance vers l’ouest

La construction de la ligne Britannia de l’OERC a permis à Ahearn & Soper de développer la banlieue ouest le long des voies. Le parc saisonnier Britannia et sa longue ligne de tramway fonctionnaient à perte. Cependant, dès la création de la ligne, l’entreprise Ahern & Soper a planifié, en collaboration avec l’Ottawa Land Association, de développer des collectivités suburbaines le long de la ligne. L’entreprise a joué un rôle de premier plan dans le développement de collectivités telles que Hintonburg, pour la classe ouvrière, ainsi que Britannia Village et Westboro, pour la classe moyenne. Après tout, ces gens feraient chaque jour la navette jusqu’à Ottawa.

Attirer la clientèle

Avant que les syndicats ne réussissent à obtenir le congé de fin de semaine, la plupart des gens travaillaient cinq jours et demi par semaine. Le dimanche après-midi était consacré aux loisirs, mais peu de lieux de rendez-vous étaient ouverts. Toutefois, le poids politique d’Ahearn & Soper lui a permis d’exploiter son service de tramway le dimanche, offrant ainsi l’occasion aux passagers payants de se rendre au parc Britannia pour faire un pique-nique, se baigner et se divertir.

Clientèle acquise

Dans le cadre de son événement annuel « Little Folks », l’Ottawa Electric Railway Company offrait gratuitement aux familles pauvres une excursion en tramway jusqu’au parc et une crème glacée dans l’espoir qu’elles y retournent comme passagers payants.

Les années dorées du parc Britannia

Les premières décennies du 20e siècle marquent les années dorées du parc Britannia. Les passagers se hâtaient de profiter du carrousel, de l’auditorium et des terrains de baseball. En après-midi, on pouvait fréquemment y entendre des concerts et du chant. En soirée, la salle de danse attirait la foule.

La plage, première de son genre à Ottawa, était sans doute son attraction principale.

Au bord de l’eau

La première zone de baignade publique d’Ottawa a ouvert à Britannia, et l’eau peu profonde du bassin en faisait un endroit idéal pour les enfants. Le parc a rapidement connu une grande popularité. Dès la première année, vingt-cinq cabines de déshabillage ont dû s’ajouter aux quarante cabines existantes. Tentés par la plage, les visiteurs qui n’avaient pas apporté leur maillot de bain se baignaient dans leurs vêtements ou leur uniforme de baseball.

L’emplacement du parc Britannia sur la rivière des Outaouais, particulièrement au lac Deschênes, attirait les plaisanciers. En 1902, le « Boat House Club » offrait l’occasion aux visiteurs de se rendre jusqu’aux chutes des Chats dans un de ses deux bateaux à roues latérales, ou de passer la journée sur l’eau. Les croisières à la belle étoile étaient aussi un important attrait. En 1916, le parc a été frappé par un drame quand un bateau de croisière, le G.B. Greene, a pris feu. L’ancre et la cloche de ce bateau sont aujourd’hui installées dans le parc.

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Cartes postales

Les parcs privés comme le parc Britannia se servaient des cartes postales comme un moyen de faire de la publicité à bon marché. Les vues emblématiques comme celles du quai ou du hangar à bateaux sont devenues célèbres partout au pays.

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Jardins Lakeside

L’invention de l’automobile, la Première Guerre mondiale et la destruction par le feu du G.B. Greene ont porté un dur coup au parc Britannia. De plus, le cinéma et la radio, les répercussions sociales de la Grande Crise et la Deuxième Guerre mondiale ont contribué également au déclin du parc. En 1948, la Ville d’Ottawa a acheté l’entreprise appartenant le tramway et a ainsi acquis le parc. Charlotte Whitton voulait vendre le terrain du parc à des développeurs, mais après de vives manifestations, le parc Britannia est devenu un parc public en 1951.

Participation de la collectivité

Dans le but d’accroître l’achalandage et d’attirer les gens vers l’ouest de la ville, le parc Britannia a tenté offrir de nouvelles attractions comme le cinéma, des concerts et un train miniature. Durant l’été, des groupes populaires animaient les soirées dansantes trois fois par semaine. En fait, de nombreux résidents d’Ottawa se souviennent d’avoir visité le pavillon de danse des Jardins Lakeside de l’époque.

Terrain de jeu populaire

Les meilleures années du parc Britannia constituent un rare exemple canadien du contrôle total de l’expérience des visiteurs par une seule entreprise : du voyage en tramway aux activités se déroulant au parc. Toutefois, le parc doit en partie son succès à la classe ouvrière qui, en grand nombre, choisissait cet endroit pour s’évader de la ville le temps d’une journée. La grande popularité dont bénéficie encore aujourd’hui le parc Britannia atteste de sa valeur historique et de son importance continue pour la collectivité d’Ottawa.

Au sujet de l’exposition

La nouvelle exposition du Musée de l’histoire ouvrière, « Britannia : Terrain de jeu populaire », met en lumière l’historique de ce site d’Ottawa dans une perspective ouvrière. L’exposition est offerte sous trois formes : une galerie virtuelle sur le site Web, une exposition itinérante qui consistera en plusieurs panneaux bilingues conçus pour être exposés dans un musée, une galerie, une école, un collège ou une université, un lieu de travail, un syndicat ou une salle communautaire, et une installation permanente au centre Ron Kolbus Lakeside.

Le matériel préparé pour l’exposition est affiché en ligne sur un site Web bilingue afin de le rendre accessible au grand public. Les plans d’avenir du musée comprennent de l’interprétation extérieure avec des codes QR.

Si vous ou votre famille visitiez le parc Britannia, nous aimerions connaître vos histoires. Veuillez contacter le Comité des expositions et de l’éducation. Si vous souhaitez que l’exposition soit installée dans votre établissement, veuillez nous contacter pour obtenir plus d’information.

Financement

Le Musée de l’histoire ouvrière reconnaît le soutien généreux apporté à cette exposition par :
• Emplois d’été Canada
• La Ville d’Ottawa

Tramway d’Ottawa

Saviez-vous qu’il y a 100 ans, Ottawa avait un système de tramway? L’Ottawa Electric Railway Company avait fait du parc Britannia une destination économique pour les ouvriers d’Ottawa, grâce à une voie qui s’y rendait.

Le chemin de fer électrique n’est plus en marche depuis 1959, mais le tramway no 696 se fait à présent restaurer en beauté dans les garages d’OC Transpo. Le Musée de l’histoire ouvrière s’est entretenu avec Bruce Dudley, ancien conducteur de tramway, sur les souvenirs qu’il conserve du système.