Penni Richmond

Penni Richmond est une syndicaliste, une féministe et une défenseure de la justice sociale qui fait l’objet d’un respect sans conteste et d’une admiration sans borne. Il y a lieu de consigner, de se rappeler et d’apprécier ses nombreuses réalisations.

Née en Alberta, Penni a déménagé à Toronto alors qu’elle était adolescente. Ses antécédents professionnels révèlent une vie bien remplie. Elle a travaillé chez Oxfam Ontario, puis au Development Education Centre afin de nourrir sa passion pour la justice et l’équité. Sa capacité intellectuelle était impressionnante comme en témoigne l’excellence de son matériel éducatif, son édition d’un livre et sa rédaction de nombreux articles et bulletins d’information. Elle a aussi été l’une des organisatrices de la Journée internationale de la femme, à Toronto.

Dès qu’elle s’est jointe à la fonction publique fédérale, elle s’est intéressée à la vie de son syndicat, le Syndicat canadien de l’emploi et de l’immigration (SEIC), un élément de l’Alliance de la fonction publique du Canada. Elle était l’un des piliers du comité de la condition féminine du SEIC qui garde d’elle le souvenir d’une mentor, d’une consœur et d’une amie généreuse toujours disposée à lui faire part de ses analyses féministe et de classe de manière à encourager la discussion et l’apprentissage. Selon Johanne Labine, une de ses consœurs du SEIC : « Penni misait sur l’épanouissement personnel. Elle partageait avec nous ses analyses et veillait à ce que l’on prenne du recul afin d’avoir une meilleure vue d’ensemble. Les soirées étaient les plus propices à ses enseignements les plus riches et aux rires les plus révélateurs, car Penni avait un sens de la répartie sans pareil, un humour provocateur et un amour indéniable pour la camaraderie. »

Penni a travaillé sans relâche pour faire du SEIC une force de frappe progressiste au sein de l’AFPC. Elle était de toutes les conférences sur la condition féminine, de toutes les lignes de piquetage et de tous les efforts déployés pour galvaniser les alliés de la justice sociale. Si le SEIC a évolué, l’AFPC en a fait autant grâce au rôle de premier plan que Penni a joué pour faire avancer la cause de l’égalité des femmes et pour encourager une plus grande participation aux efforts en matière de justice sociale.

Penni a ensuite mis à contribution son expérience, ses connaissances et son talent d’organisatrice impressionnants au sein du Congrès du travail du Canada à titre de chef du Bureau de la condition féminine. Elle et Nancy Riche, la secrétaire-trésorière du CTC, faisaient une équipe du tonnerre (et parfois des plus divertissantes). Elles n’était pas toujours d’accord sur la stratégie à retenir mais elles ont eu un succès fou alors qu’elles travaillaient ensemble pour défendre les droits des femmes, le droit à des services de la garde des enfants et les droits des personnes ayant une incapacité. Comme le dit si bien Jamie Kass, une défenseure des syndicats et des services de garde des enfants : « Penni connaissait bien le dossier. Elle s’est jointe à de nombreux organismes-défenseurs des intérêts et à leurs discussions interminables quant à l’orientation stratégique et politique à se donner. Elle était une défenseure dynamique et nous pouvons lui attribuer une bonne part du soutien syndical à ses causes au fil des ans ».

Penni était une précieuse alliée, une alliée infatigable. Carol Wall, syndicaliste et militante pour la justice sociale, nous confie : « On sait, dès la première rencontre, qu’il y a des consœurs qui deviendront des complices dans la lutte pour la justice sociale, Penni était l’une de celles-là. Je me souviens de l’étincelle dans son regard alors que pendant les réunions du CTC on multipliait les stratégies pour faire des changements de fond au sein du mouvement syndical afin de pouvoir ensuite apporter ces mêmes changements au sein de la société. Penni affectionnait tout particulièrement mon T-shirt affichant une citation de Emma Goldman – Si je ne peux pas danser, je ne veux pas participer à ta révolution ! ».
Au lendemain de sa retraite, Penni a déménagé à Kingston afin de se rapprocher de sa fille Alex et de ses petits-enfants. Elle est décédée le 16 novembre 2020, à l’âge de 73 ans.

Nous en gardons un doux souvenir, nous qui étions son amie, son alliée, sa consœur. Les efforts de Penni en matière de défense des intérêts ont permis à un plus grand nombre d’améliorer leur lot dans la vie. Il est incontestable qu’elle a fait toute une différence : nous lui en sommes redevables et nous lui rendons le plus sincère des hommages.