Rosemary Brown

B. June 17, 1930, Kingston, Jamaica
D. April 26, 2003, Vancouver, British Columbia

Rosemary Brown est la première femme à se présenter à la direction d’un parti politique canadien. Rosemary grandit dans une famille composée de nombreuses femmes qui ont une forte influence et valorisent l’éducation. Ensemble, ces femmes veillent à ce que Rosemary suive des études postsecondaires et l’aident à venir au Canada en 1950 pour fréquenter l’Université McGill.

Passionnée par les droits de la personne et des enfants, Rosemary poursuit des études en travail social. Elle travaille à la Société d’aide à l’enfance à Vancouver, participe à l’émission People in Conflict de CTV à titre d’animatrice sur le travail social et conçoit le programme de formation des bénévoles du premier centre de prévention du suicide et d’intervention en situations de crise de Vancouver. Elle obtient une maîtrise en travail social à l’Université de la Colombie-Britannique.

Peu à peu, Rosemary se positionne comme militante.

Elle se joint à la BC Association for the Advancement of Coloured People et devient plus tard présidente du BC Council of Black Women. Après la lecture de l’ouvrage The Feminine Mystique, elle se déclare ouvertement féministe et croit fermement que le féminisme et l’égalité raciale sont des causes qui vont de pair. Rosemary commence à s’intéresser à la politique. Elle se joint au Nouveau Parti démocratique (NPD), voyant le socialisme comme étant étroitement lié au féminisme et à l’égalité raciale.

En 1972, Rosemary se porte candidate à l’Assemblée législative provinciale et remporte le siège de la circonscription de Vancouver–Burrard. Elle devient ainsi la première femme noire élue à l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique, une victoire qu’elle considère comme un pas contre le racisme et le sexisme. En 1975, une occasion se présente à la présidence du NPD. Avec l’appui du Comité des femmes du NPD de la Colombie-Britannique, Rosemary décide de se porter candidate, devenant ainsi la première femme à se présenter à la direction d’un parti politique fédéral. Bien qu’elle ait perdu contre Ed Broadbent, elle considère cette expérience édifiante. En tant qu’immigrante victime de discrimination raciale depuis son départ de la Jamaïque, elle finit par remarquer le visage bienveillant du Canada, d’un océan à l’autre.

Rosemary quitte la politique et continue à œuvrer pour les causes qui la passionnent. Elle enseigne les études féminines à l’Université Simon Fraser, siège à titre de commissaire en chef à la Commission ontarienne des droits de la personne, siège au Comité fédéral de surveillance des activités de renseignement de sécurité et devient membre du Conseil consultatif de l’Ordre du Canada. Le rôle qu’elle joue dans notre histoire sera reconnu. En 1995, elle reçoit l’Ordre de la Colombie-Britannique et, en 1996, elle est nommée officier de l’Ordre du Canada.