Category: Le Projet Cal Best

L’expérience des travailleurs canadiens de race noire au 20e siècle

Les Canadiens noirs, particulièrement les travailleurs canadiens de race noire, ont trop longtemps été oubliés de l’histoire canadienne. Dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, nous souhaitons raconter un peu de leur expérience et souligner l’importance qu’elle a aujourd’hui dans notre vie.

Contributions du temps de guerre

Les Canadiens de race noire ont joué un rôle crucial dans chacune des guerres mondiales. En 1916, le nombre de personnes enrôlées était radicalement inférieur à l’objectif de fin d’année. no2 constructionRecevant l’offre du révérend C.W. Washington d’Edmonton, les représentants militaires ont autorisé la création du 2e Bataillon de construction, la première grande unité militaire noire de l’histoire canadienne. Ces soldats ont servi en France au sein du Corps forestier canadien. De plus, environ 2 000 hommes canadiens noirs, déterminés à occuper les lignes de front, ont réussi à se joindre aux unités régulières malgré la discrimination raciale; leur honorable service a valu à certains d’entre eux des médailles de bravoure.

Ces hommes sont de loin les seuls Canadiens noirs à participer aux efforts du Canada durant la Première Guerre mondiale. Entre 1914 et 1918, des associations noires et des individus ont recueilli des fonds, ont travaillé dans des usines et se sont portés bénévoles dans des hôpitaux ou à titre d’ouvriers, de façon autonome ou en collaboration avec des groupes de personnes de race blanche. Quoiqu’il leur fût interdit de participer à l’effort de guerre du Canada, les femmes noires ont particulièrement joué un rôle important. Elles ont fondé les Black Cross Nurses (suivant le modèle de la Croix-Rouge) pour venir en aide aux soldats blessés et à la communauté noire en fournissant des services médicaux, comme ceux liés aux premiers soins, à l’alimentation, aux soins de santé et aux services de garde d’enfants. Les femmes noires ont également travaillé dans des usines de munitions; ces femmes se sont vu accorder les emplois les plus dangereux, dont la manipulation d’explosifs.

La Deuxième Guerre mondiale

Initialement, l’armée canadienne avait refusé d’enrôler des personnes de race noire pour la Deuxième Guerre mondiale. À mesure que s’est poursuit la guerre, cependant, les unités régulières et les corps des officiers ont accepté de nombreux Noirs. Quoique la ségrégation ait persisté jusqu’à la fin de la guerre, des centaines de Canadiens noirs ont servi aux côtés de Canadiens blancs, au Canada et en Europe. Comme pendant la Première Guerre mondiale, ceux restés au foyer ont assumé les responsabilités des hommes et des femmes partis outre-mer, occupant des emplois partout au pays avec des blancs. La guerre a eu pour effet d’augmenter la variété de rôles offerts aux Canadiens de race noire servant dans l’armée et se sacrifiant à la maison comme à l’étranger. Le service des Canadiens de race noire constitue une mesure de la façon dont les Canadiens noirs étaient de plus en plus intégrés à l’ensemble de la société canadienne.

Les organisations syndicales de porteurs ferroviaires

Dans les années 1920, des Noirs originaires des Caraïbes avaient immigré en Nouvelle Écosse. Ils étaient venus travailler dans les aciéries du cap Breton, quoique nombreux d’entre eux devinrent des porteurs ferroviaires. Par l’intermédiaire de la Fraternité des porteurs de wagons-dortoirs (la première organisation syndicale noire de porteurs ferroviaires en Amérique du Nord) et de l’Ordre des porteurs de wagons-lits, les travailleurs ont lutté contre les politiques d’emploi syndicalistes et ségrégationnistes de Jim Crow sur les chemins de fer canadiens. En développant un bon sens politique, ces groupes ont utilisé des lois sur l’emploi existantes pour dénoncer la discrimination en milieu de travail canadien.

La Fraternité des porteurs de wagons-dortoirs a été désignée comme l’une des meilleures histoires à succès des travailleurs noirs pendant les années de la Deuxième Guerre mondiale. Après la guerre, les porteurs ont également joué un rôle important dans le mouvement pour les droits de la personne, particulièrement par leur lutte pour éliminer la discrimination dans les emplois ferroviaires. Par leurs actions, les porteurs ferroviaires ont obtenu de la reconnaissance pour les travailleurs noirs au Canada.

Des lois pour un changement

Le 14 mars 1944, l’Ontario a été la première province à réagir aux changements sociaux en adoptant une loi sur la discrimination raciale, soit la Racial Discrimination Act. Ce jalon législatif interdisait la publication ou l’affichage de symboles, de signes ou d’avis reflétant une intention de discrimination ethnique, raciale ou religieuse. D’autres mesures législatives de grande envergure s’en sont suivies partout au pays : la B.C. Social Assistance Act, en 1945, et la Saskatchewan Bill of Rights Act, en 1947, interdisaient la discrimination; le Canada a signé la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948.

leonard-braithwaiteLa même année, la Loi électorale du Canada a été adoptée, éliminant la race comme motif d’exclusion du droit de vote aux élections fédérales. Cependant, ce n’est que le 12 septembre 1963 que le premier Afro-Canadien, Leonard Braithwaite, a été élu à l’assemblée législative provinciale en tant que député d’Etobicoke, en Ontario.

La lutte se poursuit

En 1975, le réformateur noir Wilson Head a créé l’Alliance urbaine sur les relations interraciales. Head a consacré sa vie à la défense des droits de la personne aux États-Unis et au Canada. Son organisme se dévoue encore aujourd’hui à la lutte contre la discrimination à l’égard de toutes les communautés ethnoraciales.

Au cours de cette période, la Coalition of Black Trade Unionists a été fondée et un effort concerté a été mené pour accroître le nombre de sièges réservés aux minorités raciales au sein des conseils d’administration du Congrès du travail du Canada et de la Fédération du travail de l’Ontario. En 1987, Herman Stewart de l’International Ladies Garment Workers Union a été la première personne de couleur à se faire élire lors du congrès de la Fédération du travail de l’Ontario. La Coalition a redoublé ses efforts en vue d’imposer un changement à l’échelle nationale, et en 1990, lors de l’assemblée du Congrès du travail du Canada à Montréal, Dory Smith a réussi à recueillir plus de mille votes, ce qui lui a presque remporté un siège. Grâce aux pressions continues exercées, deux sièges octroyés aux membres de minorités visibles ont été réservés au sein du conseil du Congrès du travail du Canada lors de la prochaine assemblée.

CBTU

Le Mois de l’histoire des Noirs

Le Mois de l’histoire des Noirs permet de souligner l’expérience des Canadiens de race noire de toutes les régions. Au Musée de l’histoire ouvrière, nous souhaitons commémorer ces gens de la classe ouvrière dont la vie et les actions ont mené à des changements constructifs et progressistes. Le « Projet Cal Best » célèbre la vie et l’héritage d’un de ces hommes.

James Calbert Best, fils de l’activiste Carrie Best et du porteur ferroviaire Albert Best, a eu une remarquable carrière de 49 ans à titre de militant syndical, de haut fonctionnaire et du premier haut-Poster for librarycommissaire noir du Canada (à Trinité et Tobago). Il a présidé l’Association du Service civil du Canada (le prédécesseur de l’Alliance de la Fonction publique du Canada, ou AFPC) de 1957 à 1966. De plus, il a occupé des postes de directeur et de sous-ministre adjoint au sein de divers ministères du gouvernement fédéral. Best a apporté une contribution essentielle à la négociation collection, à l’immigration et même au sport canadien.

Le Canada doit une fière chandelle à Cal Best ainsi qu’à tous les hommes et à toutes les femmes qui luttent pour l’égalité.

Par Taylor Jackson | Traduit par Valérie Lalonde

Venez souligner le Mois de l’histoire des Noirs avec nous dans le cadre du « Projet Cal Best » et de la première projection de notre documentaire Cal Best : Sa vie. L’événement, animé par Adrian Harewood de la CBC, comprend une discussion en groupe avec Stephen Best, le fils de Cal, ainsi que les réalisateurs du documentaire. Rendez-vous à la Bibliothèque publique d’Ottawa (bibliothèque centrale), au 120, rue Metcalfe, à Ottawa, le 25 février, à 19 h. L’entrée est gratuite.

Bibliographie
MATHIEU, Sarah-Jane. « North of the colour line: sleeping car porters and the battle against Jim Crow on Canadian rails, 1880-1920 », Labour 47 (printemps 2011), p. 9-41.
Mois de l’histoire des Noirs : Principaux événements historiques
Histoire des Noirs au Canada (Historica Canada)
Black Cultural Centre for Nova Scotia [en anglais seulement]
Anciens Combattants Canada
A. Philip Randolph Pullman Porter Museum [en anglais seulement]
Ontario Black History Society [en anglais seulement]
La vie des Canadiens de race noire en Ontario entre 1834 et 1914 : De l’exode à l’enracinement (Archives publiques de l’Ontario)
Brotherhood of Sleeping Car Porters (African Canadian Community) [en anglais seulement]
The Road Taken (Office national du film du Canada) [en anglais seulement]


Cal Best et l’édition 2014 du Mois de l’histoire des Noirs : la chance nous a souri

12 09 28 Then and Now ConceptPlusieurs nous ont demandé comment nous avons réussi à obtenir une subvention pour participer à l’édition 2014 du Mois de l’histoire des Noirs commanditée par la TD (série D’hier à aujourd’hui) et le Réseau des artistes noirs en dialogue (RAND) . Barb Stewart, trésorière du Musée de l’histoire ouvrière, explique comment nous y sommes arrivés :

« En juillet dernier, j’ai remarqué un article dans le bulletin du le Conseil des organismes du patrimoine d’Ottawa (COPO | CHOO) qui portait sur la série D’hier à aujourd’hui présentée par la TD dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs. On y indiquait recueillir des demandes de projets. À ce moment, nous avions déjà fait six mois de travail sur un projet sur Cal Best, cofondateur de l’Alliance de la Fonction publique du Canada et premier haut-commissaire noir du Canada. Nous avons décidé de présenter une demande et avons été sélectionnés jusqu’à la dernière étape.

Nous avons réussi et ainsi reçu le financement dont nous avions besoin pour développer le projet au delà des frontières d’Ottawa. Des événements auront lieu pendant le Mois de l’histoire des Noirs à Halifax, à Ottawa, à Calgary et à Vancouver en février, ainsi qu’à Montréal en mars.

Si ce n’avait été de l’annonce publiée dans le bulletin, nous n’aurions jamais appris de cette source de financement ou pu raconter l’histoire de Cal Best à un plus grand public ».

À Ottawa, l’événement aura lieu le 25 février, à 19 h, à la Bibliothèque publique d’Ottawa. Il comprend la projection du documentaire ainsi qu’une discussion en groupe avec Stephen Best (le fils de Cal Best), les réalisateurs du documentaire et des représentants de la communauté noire d’Ottawa. La soirée sera animée par Adrian Harewood, présentateur à CBC, et organisée conjointement par la Bibliothèque publique d’Ottawa, le RAND, la TD (série D’hier à aujourd’hui), la Fondation Douglas-Coldwell et le Musée de l’histoire ouvrière.

Le « Projet Cal Best » en tournée pancanadienne

Le mois de février est le Mois de l’histoire des Noirs, et nous présentons le « Projet Cal Best » dans plusieurs régions du Canada. Allez découvrir notre nouvelle exposition et le documentaire intitulé Cal Best : Sa vie à un endroit près de chez vous! L’entrée pour tous les événements est gratuite, et chacun comprend une discussion en groupe avec des contemporains de M. Best et ceux qu’il a influencés.

HALIFAX
Le jeudi 6 février, à 19 h
Bibliothèque publique Halifax North Memorial
2285, rue Gottingen, à Halifax

VANCOUVER
Le mardi 11 février, à midi
Auditorium du Collège communautaire de Vancouver – campus Broadway
1155 East Broadway, à Vancouver

Le mercredi 12 février, à 19 h
Bibliothèque publique de Vancouver, salle Alice MacKay
300, rue Georgia Ouest, à Vancouver

CALGARY
Le mardi 18 février, à 18 h
Bibliothèque publique de Calgary – succursale centrale
616, Macleod Trail SE, à Calgary

OTTAWA
Le mardi 25 février, à 19 h
Auditorium de la bibliothèque publique d’Ottawa – bibliothèque centrale
120, rue Metcalfe, à Ottawa

MONTRÉAL
Le mardi 11 mars
Détails à confirmer

Nous remercions nos généreux commanditaires qui ont rendu possible cette tournée.

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Célébrons le Mois de l’histoire des Noirs 2014!

Au nom du Musée de l’histoire ouvrière, nous sommes heureux d’annoncer que nous avons été choisis pour faire partie de l’édition 2014 du Mois de l’histoire des Noirs commandité par la TD (série D’hier à aujourd’hui) et le Réseau des artistes noirs en dialogue (RAND). Le Musée présentera le « Projet Cal Best » dans le cadre d’un horaire rempli d’activités soulignant l’histoire et la culture noire.

Grâce à l’appui généreux de la TD (série D’hier à aujourd’hui) et du RAND, nous pouvons présenter notre exposition sur la vie et l’héritage de Cal Best, y compris le documentaire Cal Best : Sa vie, à différents endroits au Canada. Des événements qui auront lieu à Halifax, à Montréal, à Toronto, à Calgary et à Vancouver mettront en lumière la vie et l’héritage de ce personnage important.

À Ottawa, vous pourrez visionner Cal Best : Sa vie le mardi 25 février, à 19 h, à la bibliothèque centrale de la Bibliothèque publique d’Ottawa. Un présentoir éducatif ainsi qu’une discussion en groupe accompagneront le documentaire, et Adrian Harewood de la CBC Ottawa sera le maître de cérémonie pendant la soirée. L’entrée est gratuite.

« Le mois de l’histoire des Noirs souligne l’histoire que nous partageons dans ce pays, et je suis fier d’aider à attirer l’attention sur ce grand homme qui a vécu dans notre quartier et qui y a élevé sa famille », indique Arthur Carkner, réalisateur du « Projet Cal Best ». « J’espère que vous serez nombreux à venir visionner ce documentaire, ici même dans la ville où a habité longuement Best ».

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Dévoilement de la salle de conférence J. Calbert Best

Le Musée de l’histoire ouvrière est heureux d’apprendre que l’Alliance de la Fonction publique du Canada nommera la salle de conférence du Bureau régional d’Halifax en l’honneur de Cal Best! Les organisateurs reconnaissent que notre travail a suscité un intérêt nouveau envers le cofondateur de leur organisation syndicale, ce qui les a finalement menés à cette décision. Notre vidéo, Cal Best : Sa vie, ainsi que l’exposition itinérante qui l’accompagne seront présentées lors de l’inauguration de la salle. Notre musée virtuel produit des résultats concrets!

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Adrian Harewood, hôte du lancement du projet sur Cal Best à Ottawa

Adrian Harewood, présentateur des nouvelles à CBC News Ottawa (le pendant anglophone de Radio Canada), se joindra au Musée de l’histoire ouvrière (MHO) pour célébrer la vie et l’héritage de Cal Best. M. Harewood sera le maître de cérémonie lors du lancement, à Ottawa, du nouveau passionnant projet du MHO, qui comprendra entre autres la première du film intitulé Cal Best : Sa vie, qui sera diffusé l’an prochain lors du mois de l’histoire des Noirs.

“Le Projet Cal Best” – créé avec le soutien généreux de l’Alliance de la Fonction publique du Canada et de la Coalition des syndicalistes noirs – met en lumière un aspect important, mais trop souvent négligé, de l’histoire des Noirs : les actions militantes nécessaires pour apporter un changement positif au sein de la société. Dès ses débuts en tant que journaliste couvrant l’affaire controversée Viola Desmond à son mandat en tant que premier haut-commissaire noir au Canada, les efforts de Best prennent vie à travers des entrevues, des images d’archives, et des récits contemporains des nouvelles. Un accent particulier mis sur l’engagement de Best pour une fonction publique plus inclusive souligne ses efforts en tant que cofondateur et président de l’Association du Service civil du Canada (le précurseur de l’Alliance de la Fonction publique du Canada d’aujourd’hui) et met en évidence ce dont des milliers de fonctionnaires canadiens lui sont redevables encore aujourd’hui.

Restez à l’écoute pour plus de détails sur cet événement, à venir en février 2014!


Cal Best : Sa vie ‒ Une discussion avec les cinéastes

Le Musée de l’histoire ouvrière est fier d’annoncer le projet sur Cal Best, lequel explore la vie du militant de race noire, dirigeant syndical et haut fonctionnaire, ainsi que l’héritage qu’il a laissé. Le projet est composé d’une exposition itinérante, de matériaux pédagogiques et d’un documentaire intitulé Cal Best : Sa vie. Je me suis entretenue avec Arthur Carkner, coordonnateur de projet, et Wasim Baobaid, cinéaste, afin de découvrir comment un tel projet vient à prendre forme.

Cydney : Premièrement, je dois avouer que ce projet m’emballe beaucoup! C’est un des plus ambitieux auxquels le MHO ait participé. Pouvez-vous me dire comment le tout a commencé? Qui a eu l’idée de départ?

Art : Le projet sur Cal Best a débuté avec la vidéo d’une discussion de groupe avec les fondateurs de l’Alliance de la Fonction publique du Canada initiée par Craig Spencer. J’ai suggéré d’en utiliser quelques parties pour créer un DVD d’actualité sur la vie et la carrière de notre sujet. Une des missions du MHO est de présenter des matériaux d’archives ou négligés à un plus grand public, afin de préserver les voix et les artéfacts d’une autre époque.

Cydney : Je comprends que ce projet a grandement dépassé les délais estimés. Qu’avez-vous découvert qui vient expliquer cette prolongation?

Wasim : Au début de nos recherches, nous ne trouvions aucun renseignement sur le Web. Il n’y avait même pas d’article au sujet de cet homme sur Wikipédia. C’est seulement une fois que nous avons découvert son vrai nom (« J. Calbert Best ») que nous avons trouvé plus d’information, mais beaucoup moins que nous l’avions espéré. Arthur a ensuite réussi à localiser les membres de la famille de Cal, et ils nous ont appris davantage à son sujet.

Art : La portée du projet a augmenté considérablement avec les recherches que Wasim et moi faisions. Nous avons appris sur sa lutte contre le racisme, alors qu’il était encore jeune; sur ses réalisations en Nouvelle-Écosse; et au sujet de sa mère, Carrie Best. Nous en sommes finalement venus à apprendre sur le rôle qu’il a joué dans le domaine de l’immigration et du sport amateur, ainsi que sur les divers postes supérieurs qu’il a occupés au sein de différents ministères et qui l’ont amené à devenir le premier haut-commissaire (ambassadeur) de race noire au Canada. Nous continuions d’en apprendre plus.

Cydney : Pourriez-vous dévoiler une de vos trouvailles préférées?

Art : Cal Best présidait une commission sur le financement du sport amateur, un dossier très chaud encore à ce jour. Il recommandait d’allouer davantage de fonds à moins de sports, de se détourner de l’approche d’éparpillement des financements. Le biathlon a ensuite été suggéré comme un des sports à ne plus financer. Myriam Bédard, médaillée d’or dans ce sport, a publiquement abordé la question auprès du ministre en lui disant : « Vous n’allez tout de même pas retirer la subvention de mon sport vous? ». La famille de Best le taquinait de ne pas rester debout sur son balcon de peur qu’elle ne le tire avec sa carabine.

Wasim : J’aimerais ajouter que Cal a été une des seules personnes au monde à avoir serré la main de la reine. Cela vous donne une bonne idée de l’importance de son poste à l’époque. (Malheureusement, nous n’avons pas de photo de cet événement.)

Cydney : Vous avez interviewé plusieurs amis et membres de la famille de Cal Best. Si vous aviez pu lui parler en personne, que lui auriez-vous demandé?

Art : Je lui aurais demandé quels changements il a remarqués dans la société canadienne en 49 ans de service au sein de la fonction publique, et quels défis entendent la fonction publique à l’avenir.

Wasim : J’aurais voulu en savoir davantage sur son enfance, particulièrement lorsqu’il habitait New Glasgow et Halifax, ce qu’il ressentait par rapport au racisme à l’école et comment il l’a surmonté. Grâce aux entrevues, nous savons que la famille de Best était la première famille de race noire à habiter Ottawa, et sa fille Christene a affirmé que son frère et elle étaient les deux seules personnes de couleurs à l’école à cette époque. Je me demande donc quelle était sa perception du racisme alors qu’il était lui-même écolier.

Cydney : La triste nouvelle du décès de Burnley Allan Jones a durement touché ce projet. Je crois qu’une entrevue était prévue la semaine qu’il est décédé. Quels sont les plans maintenant?

Art : Il n’y a aucune façon de remplacer « Rocky » Jones dans notre documentaire : il est irremplaçable. Nous orientons nos recherches vers de notoires Néo-Écossais et Ottaviens qui ont connu ou travaillé avec Best, à des fins d’archives ou pour du contenu à afficher sur notre site Web.

Cydney : Cal Best semble être un des héros méconnus du Canada. De quelle façon espérez-vous que ce projet réussisse à faire connaître son nom?

Art : Nous souhaitons que le projet sur Cal Best puisse faire connaître cet homme du public ainsi que dans les écoles et la communauté noire, et qu’il inspire tous ceux qui s’efforcent d’améliorer le Canada et le monde.

Wasim : Ce film transmet un grand message, comme d’autres films que j’ai récemment réalisés (Yes, I Can et Sax Appeal). Je crois fermement que s’il y a un grand besoin, un désir et que vous croyez en vous-même, vous pouvez réaliser vos objectifs, peu importe qui vous êtes, la couleur de votre peau ou votre situation. « Croyez en vous et avancez », voilà le message de ce film.

Par Cydney Foote | Traduit par Claudine Maclure

Aller voir l’avant-première de « Cal Best : Sa vie » lors du Canadian Labour International Film Festival, le 29 novembre à l’édifice de l’AFPC, situé au 233, rue Gilmour, à Ottawa.

Festival Canadien des films internationaux sur le travail 2013

Date : 29 novembre
Heure : à 19 h
Lieu : 233 rue Gilmour, Ottawa
Entrée : Gratuite!

Joignez-vous à nous pour assister au Festival canadien des films internationaux sur le travail, le 29 novembre prochain, avec pour hôte le MHO. Ce festival à succès, qui en est maintenant à sa cinquième année, a présenté des films indépendants sur les travailleurs dans plusieurs villes du Canada. Nous présentons maintenant ces récits chez nous à Ottawa!

Nous vous invitons à vous joindre à nous le 29 novembre pour le Festival d’Ottawa, où seront présentés les films suivants:

Ann Kore Moun – Solidarite se chimen devlopman

Union Style

Tough to Swallow: Meals that Sparked a Seniors Revolt

Les luttes syndicales pour la famille : un précieux héritage

Nous vous offrirons également en avant-première le dernier documentaire du MHO, Cal Best : Sa vie.

Le festival a lieu au 233 rue Gilmour. Les portes ouvrent à 19 heures, les films débutent à 19h30. Il s’agit d’un événement gratuit. Veuillez contacter le MHO à l’adresse courriel suivante pour réserver vos billets: treasurer@workershistorymuseum.ca.

Merci à nos généreux commanditaires pour leur soutien de cet événement.

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Tristes nouvelles : Burnley Allan Jones décède à Halifax

Burnley Allan « Rocky » Jones, avocat des droits humains et du travail, et activiste de renommée internationale pour les droits civils et humains, a été victime d’un arrêt cardiaque qui lui a coûté la vie à Halifax, le lundi 29 juillet.

Arthur Carkner, Coordinateur de projet et membre du Conseil du Musée de l’historie ouvrière a déclaré que « nous avons été témoins de la disparition d’un grand homme, l’un de ceux qui se sont tenus debout et qui ont fait une différence. Au nom du MHO, nous offrons nos condoléances à la famille et aux amis de Rocky Jones. »

Jones, âgé de 71 ans, a été admis à l’hôpital pour des problèmes cardiaques à peine quelques jours avant une entrevue prévue avec Juanita Peters pour la vidéo sur le syndicaliste Noir Calvin Best. (La vidéo et exposition sur Calvin Best sont en cours de préparation pour être offerts durant le Mois de l’histoire des Noirs en février 2014) Le décès de M. Jones n’a pas été qu’un frein à notre projet, mais une perte immense pour le peuple canadien.

Traduit par Ivan Videnov


Le MHO célèbre le Mois de l’histoire des Noirs

En l’honneur du Mois de l’histoire des Noirs, le Musée de l’histoire ouvrière souhaiterait annoncer que le travail a débuté pour la création d’un documentaire sur Calbert Best, un important pionnier syndicaliste Noir, fonctionnaire, activiste et diplomate.

Des entrevues et des recherches sont en cours pour la vidéo et l’exposition ambulante. Arthur Carkner et Wasim Boabid travaillent sur le projet qui sera disponible pour le Mois de l’histoire des Noirs en 2014. Le MHO fournit la recherche, la production et le travail de réalisation du documentaire, alors que deux régions de l’Alliance de la fonction publique du Canada (Ontario et Capitale nationale) fournissent le financement. Le projet a initialement été appuyé par le Comité d’action des membres raciaux visibles (RCN) du même syndicat.

Calbert Best était le président de plusieurs mandats de l’Association canadienne du service civil, une des deux associations d’employés qui ont fusionné pour former l’AFPC. Né en Nouvelle-Écosse, il a été actif dans le premier journal pour les Noirs néo-écossais, journal fondé par sa mère, la Dre Carrie Best. Cette dernière fait l’objet de plusieurs articles historiques et a été honorée par un timbre-poste dans les années 70.

Durant sa jeunesse, Calbert Best a été mis à l’amende pour avoir refusé de s’asseoir dans la section pour Noirs seulement dans un cinéma. Son grand sens de l’activisme social l’a mené vers l’ACSC, où il a été élu président lorsqu’il travaillait pour le Département du travail. Il était un des points pivots dans les pourparlers menant à une fusion, créant un syndicat et une des ententes avec des prestations encore offertes aujourd’hui.

Par la suite, il occupa plusieurs postes de haut fonctionnaire, mettant un terme à sa carrière d’ambassadeur du Trinidad et Tobago. Après avoir pris sa retraite, il a été à la tête d’une commission d’étude fédérale sur le sport amateur, et a été membre du comité de 1999 du Conseil du trésor pour étudier la participation des minorités visibles dans les Services publics du Canada. Depuis, il a rendu l’âme, mais ses grandes contributions pour la création d’un meilleur Canada auront un impact permanent sur les générations présentes et futures.

Traduit par Ivan Videnov